Deux personnes de plus ont été placées en garde à vue, lundi 30 mars, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat déjoué contre le siège parisien de la Bank of America, portant le total des gardes à vue en cours à cinq, a annoncé le Parquet national antiterroriste (PNAT) à l’Agence France Presse (AFP). Il s’agit de deux personnes majeures, a précisé à l’AFP une source proche du dossier.
Les gardes à vue des mineurs interpellés samedi et dimanche ont « été prolongées », a fait savoir le PNAT. Jusqu’ici, peu d’informations ont filtré sur le profil des personnes interpellées. « Des précisions complémentaires seront apportées à l’issue des gardes à vue en cours », a précisé le parquet. Samedi soir, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait évoqué un « mineur » ayant un profil de droit commun.
Selon la source proche du dossier, les deux majeurs placés en garde à vue ont un profil de droit commun, comme les trois mineurs. Quant à leur rôle exact dans l’attentat déjoué, il doit être encore établi, a-t-on ajouté de même source.
Les faits se sont déroulés dans la nuit de vendredi à samedi vers 3 h 30 rue La Boétie, dans le centre-ouest de Paris, devant les locaux de la Bank of America. Des policiers y ont interpellé une personne qui venait de déposer un engin explosif artisanal devant l’établissement. L’homme s’apprêtait à allumer le dispositif avec un briquet. Il était accompagné d’un deuxième individu qui a pris la fuite en courant.
Selon les premiers éléments, les deux hommes étaient arrivés à pied devant l’établissement américain. Pendant que le premier déposait le dispositif, le second a pris du recul pour, semble-t-il, faire des photos ou une vidéo avec son portable. L’engin explosif était composé d’un bidon transparent de 5 litres de liquide, probablement un hydrocarbure, et d’un système de mise à feu.
Menaces liées à la guerre au Moyen-Orient
Le parquet antiterroriste s’est saisi immédiatement de l’affaire et a ouvert une enquête, notamment pour « tentative de dégradation par incendie ou moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste ». L’enquête est confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris et à la direction générale de la sécurité intérieure.
Le ministre avait fait, samedi soir, un « lien » avec la guerre au Moyen-Orient, voyant dans le mode opératoire de cet attentat déjoué « des similitudes » avec des actions menées dans plusieurs pays européens et revendiquées par un mystérieux groupuscule considéré comme proche des Gardiens de la révolution iraniens.
Dans un message dimanche aux forces de sécurité intérieure, consulté par l’AFP, il a évoqué « le contexte inhérent aux opérations israélo-américaines en Iran » qui impose « le plus haut niveau d’attention », et invité à « renforcer les mesures de vigilance » en France, en particulier autour des « sites israélo-américains et ceux représentant les intérêts de ces pays ».
Le jeune homme interpellé, présenté comme « mineur » par le parquet, a affirmé être de nationalité sénégalaise, selon une source proche du dossier. Il a expliqué, d’après une source policière, avoir été recruté via l’application Snapchat pour réaliser cette opération moyennant la somme de 600 euros.
Si Laurent Nuñez a affirmé ne pas savoir qui était « le commanditaire », il a fait état de la « suspicion » d’une action menée par « des proxies » – des intermédiaires – des Iraniens.













