La justice suisse a élargi l’enquête relative à l’incendie d’un bar à Crans-Montana, lequel avait fait 41 morts et 115 blessés pendant le Nouvel An, en plaçant sous instruction pénale cinq responsables et anciens responsables de la commune, a annoncé lundi 9 mars le parquet du Valais.
Neuf personnes font désormais l’objet de l’enquête pour « incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence ». Parmi celles-ci figurent les propriétaires français du bar, l’actuel responsable du service de sécurité de Crans-Montana ainsi que son prédécesseur.
Le ministère public valaisan n’a pas souhaité fournir plus de précisions, mais une source proche du dossier a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) des informations publiées dans la presse suisse et italienne selon lesquelles parmi ces personnes figure le président de la commune, Nicolas Féraud. Selon la même source, un ancien conseiller communal chargé de la sécurité, un ancien responsable de la sécurité en protection incendie et son adjoint ainsi qu’un membre de l’équipe actuelle de sécurité publique sont également concernés.
Le ministère public est chargé de lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation, dans le centre de la station de ski suisse, sur le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les diverses responsabilités.
La commune a reconnu l’absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019, alors qu’ils doivent être effectués tous les ans, ce qui a conduit certains avocats des familles des victimes à réclamer que les autorités politiques soient aussi visées par la procédure.
Des auditions attendues pour les prochains jours
Les cinq responsables et ex-responsables de la commune ainsi que le propriétaire du bar, Jacques Moretti, doivent être entendus par le ministère public entre les 7 et 15 avril, a déclaré à l’AFP une autre source proche du dossier.
Survenu pendant la nuit de la Saint-Sylvestre, l’incendie a été provoqué, selon l’enquête, par les étincelles de bougies scintillantes, qui ont enflammé une mousse d’insonorisation au plafond du sous-sol de l’établissement.
Ce drame a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et des jeunes adultes. Certains blessés gravement brûlés sont toujours dans le coma. A la fin de février, 58 blessés étaient encore hospitalisés en Suisse et à l’étranger.











