Le 29 janvier, l’ambiance est studieuse dans la grande salle de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), à Cayenne. Derrière leurs tablettes, les élus votent à l’unanimité les points à l’ordre du jour. Mais, au bout de deux heures, les esprits s’échauffent et les invectives fusent. « Méthodes de dictateur » ; « malhonnêteté intellectuelle » ; « taisez-vous ! », se renvoient, index pointés, deux élues et le président de la CTG, Gabriel Serville. L’objet de cet accrochage ? L’adoption d’une charte de déontologie des élus et des agents pour prévenir les conflits d’intérêts, d’un code de conduite contre la corruption et les risques d’atteinte à la probité, et la mise en place de référents déontologues.
Deux élues, qui affirment n’avoir pas été consultées sur ce texte « important », demandent le retrait de ces textes, déjà exfiltrés de l’ordre du jour en décembre 2024, afin qu’ils soient « amendés », voire débattus, lors d’un « séminaire ». Ces dispositifs ne sont pourtant pas nouveaux et la CTG est en réalité en retard sur ces sujets – la désignation d’un référent déontologue est une obligation nationale depuis juin 2023.
« La collectivité a quand même une certaine maturité sur le sujet », répond Grégoire Michau au Monde, dans son bureau de la CTG. Le puissant directeur général des services (DGS), qui siège aux côtés du président Gabriel Serville lors des plénières, rappelle que « la collectivité était déjà dotée d’outils de ce type, mais il y avait nécessité de les actualiser ».
Soupçons de détournement
Le contexte est particulier pour la CTG. Depuis plusieurs semaines, comme l’explique M. Michau, l’Agence française anticorruption (AFA) se penche sur la collectivité dans le cadre de sa mission de contrôle des acteurs publics. Cela « fera forcément apparaître des pistes de progrès », prédit le DGS.
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