L’université Paris-VIII, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), devra mettre en œuvre une série de recommandations formulées par un rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale, après un rassemblement en octobre au cours duquel des propos antisémites et faisant l’apologie du terrorisme ont été tenus, a annoncé, vendredi 27 mars, Philippe Baptiste, le ministre de l’enseignement supérieur.
En octobre, une vidéo de Leon le média – qui se présente comme un « média engagé, une histoire juive pour vous » – avait été diffusée sur un « événement d’ultragauche organisé sur le campus de l’université Paris-VIII ». On pouvait entendre notamment une femme lancer « est-ce que vous condamnez le 7-Octobre », et une partie de l’amphithéâtre répondre « non ».
M. Baptiste, en déplacement à l’université vendredi, a qualifié l’événement de « grave et inacceptable ». « L’université ne peut en aucun cas être un lieu où se diffusent la haine ou la remise en cause des valeurs républicaines », a-t-il affirmé, précisant qu’une commission de suivi, pilotée par des inspecteurs, devra s’assurer de l’application de ces mesures, « pour que de tels faits ne puissent plus se produire ».
Les neuf recommandations « opérationnelles » présentées vendredi font suite à une enquête administrative de l’inspection générale de l’éducation nationale, saisie après l’événement, « pour que de tels actes ne se reproduisent pas », recommandations que « l’université devra appliquer dans les plus brefs délais », a précisé le ministère dans un communiqué.
Un événement organisé de « façon à moitié sauvage »
Le rapport préconise notamment de « systématiser l’engagement de procédures disciplinaires en cas de manquement », ou encore de « refondre en profondeur les procédures d’autorisation des événements afin de les rendre plus rigoureuses et traçables ». Il invite aussi l’université à renforcer ses « capacités d’anticipation grâce à une veille active sur les contenus diffusés au sein de la communauté universitaire ».
Il recommande également un « encadrement renforcé des événements identifiés comme sensibles », ce qui impliquera « une présence institutionnelle systématique », mais aussi « une réelle structuration de la politique de prévention et de lutte contre l’antisémitisme », qui peut passer par la formation et la désignation de référents.
Selon M. Baptiste, l’événement d’octobre a été organisé de « façon à moitié sauvage », les « procédures ont été à moitié suivies » par les organisateurs et il y a eu un « ensemble de dysfonctionnements, identifiés ».
Selon le président de l’université Paris-VIII, Arnaud Laimé, aucun étudiant n’a été sanctionné à ce jour et l’enquête interne devrait rendre ses conclusions « prochainement ». Une circulaire ministérielle rappelant les pouvoirs disciplinaires des présidents d’universités devrait être diffusée prochainement, selon M. Baptiste. Le parquet de Bobigny, saisi par la rectrice, avait immédiatement ouvert une enquête, confiée à la brigade de la répression de la délinquance contre la personne.
Lors de ce déplacement, le ministre a également annoncé le lancement, d’ici à l’été, d’une « convention sur la protection des libertés académiques ». Elle sera pilotée par des personnalités jouissant d’une « grande reconnaissance académique et du monde intellectuel », qui devront faire des « propositions opérationnelles » d’ici au début de 2027. « Les libertés académiques sont contestées partout dans le monde aujourd’hui », a-t-il affirmé, souhaitant « mieux les encadrer et mieux les protéger ».













