« Ma femme et moi sommes devenus parents à 27 ans. Nous travaillions alors et avions inscrit notre fils à la crèche. Au moment de le récupérer les premiers soirs, j’hésitais entre plusieurs bébés. J’ai cherché à comprendre pourquoi j’avais tant de mal à reconnaître mon propre enfant. Sur Internet, j’ai découvert l’existence d’un trouble neurologique empêchant la mémorisation des visages : la prosopagnosie. Selon différentes études scientifiques, ce handicap toucherait entre 2 % et 3 % de la population. Ce jour-là, tout est devenu évident : je ne reconnais aucun visage.
J’ai repensé à la dernière page d’un cahier que je tenais, enfant. J’y notais la couleur du manteau des copains de l’école primaire. En face, leur prénom. A cette époque, j’avais horreur du football parce que chacun enlevait sa veste pour délimiter les buts. Je ne pouvais plus identifier mes coéquipiers. Personne ne me voulait dans son équipe.
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