Une attaque perpétrée vendredi 20 mars contre un hôpital au Soudan a fait au moins 64 morts, a rapporté le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
« Cette fois, l’hôpital universitaire de la capitale du Darfour-Est, Ed Daein, a été frappé, faisant au moins 64 morts, dont 13 enfants, deux infirmières, un médecin et plusieurs patients », a-t-il déploré, samedi, sur le réseau social X. Cette attaque « a également fait 89 blessés, dont huit membres du personnel soignant, et a endommagé les services de pédiatrie, de maternité et des urgences de l’hôpital », a ajouté le patron de l’OMS qui a appelé à « garantir la protection des civils, des soignants et des humanitaires ».
Selon l’OMS, l’attaque a impliqué « des armes lourdes » et frappé un établissement de soins de santé secondaire, touchant également des fournitures et des stocks.
La guerre sans merci qui oppose au Soudan, depuis 2023, l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s’est intensifiée ces derniers mois avec une multiplication des attaques meurtrières de drones sur des zones résidentielles peuplées, des écoles ou des hôpitaux. L’immense région occidentale du Darfour est aujourd’hui en grande partie aux mains des paramilitaires, tandis que l’armée contrôle l’est, le centre et le nord du Soudan.
« Assez de sang a été versé »
Le bureau humanitaire de l’ONU au Soudan a affirmé être « consterné par l’attaque contre un hôpital au Darfour-Est hier [vendredi], qui aurait tué des dizaines de personnes, dont des enfants, et fait davantage encore de blessés ».
« Ce drame porte à plus de 2 000 le nombre total de décès liés aux attaques contre des structures de santé depuis le début du conflit au Soudan », a rapporté Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Assez de sang a été versé. Assez de souffrances ont été infligées. Il est temps de désamorcer le conflit au Soudan et de garantir la protection des civils, des soignants et des humanitaires », a-t-il plaidé.
Ed Daein, la capitale de l’Etat du Darfour-Est contrôlée par les FSR, est régulièrement la cible de l’armée, qui tente d’éloigner les paramilitaires du corridor central du Soudan. Une frappe précédente en mars, sur le marché de la ville, a enflammé des barils de pétrole qui ont brûlé pendant des heures. En dépit des condamnations répétées de l’ONU, les hôpitaux sont une cible régulière.
Près de trois ans de guerre au Soudan ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.











