Des dizaines de villageois sont postés depuis plusieurs heures au centre de Gauriganj, un bourg du sud-est du Népal, dans l’attente de leur champion, quand un panache de poussière surgit de l’horizon. Le convoi de Balendra Shah fonce sur une piste, précédé d’une horde de motos et rickshaws pavoisés de drapeaux bleus.
La star de la campagne électorale apparaît dans un SUV, chaussée de ses lunettes rectangulaires noires. Quelques saluts à la foule et le candidat, que tout le monde a surnommé « Balen », a déjà filé vers un autre village de sa circonscription, Jhapa 5. « Les gens croient en sa capacité à transformer le pays, s’enthousiasme Khusbu Kumari Mahato, 19 ans. Avec lui, les jeunes ne seront plus obligés d’émigrer pour trouver du travail. »
Le convoi emprunte un chemin à travers champs. Balen stoppe brusquement devant une ferme, descend pour saluer une femme et repart en courant. Aitrani Rai, 60 ans, n’en revient pas. « Il m’a juste dit de voter pour lui, et je crois que je vais le faire. » En ce 2 mars, dernier jour de la campagne électorale au Népal pour les élections législatives du 5 mars, Balendra Shah effectue son roadshow final. Il a sillonné ainsi les routes de sa circonscription et du pays sans accorder la moindre attention aux médias traditionnels, refusant de débattre avec ses adversaires et limitant ses apparitions dans les meetings.
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