De nouvelles plaintes ont été déposées, vendredi 13 février, en France dans le cadre des vastes rappels de laits infantiles. L’Association pour la santé des enfants (APS-Enfants) a annoncé dans un communiqué le dépôt de « trois plaintes pénales contre X auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Angers, dans le cadre du scandale des laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide ».
La première, à Paris, « vise les responsabilités nationales et systémiques », les deux autres, à Angers et Bordeaux, où ont été recensés les décès, s’attachent plutôt aux « qualifications d’homicides involontaires et de blessures involontaires qui pourraient en découler », a précisé APS-Enfants.
L’affaire des laits infantiles dure depuis mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide – une toxine qui peut causer des vomissements parfois dangereux chez un nourrisson –, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi par des plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance.
Analyses déléguées en Belgique
Trois décès de bébés ont été signalés en France – seul pays européen dans ce cas –, ainsi qu’une quinzaine d’hospitalisations, chez des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels. A ce stade, toutefois, aucun lien de cause à effet n’a été établi et des analyses sont en cours.
Selon des informations diffusées vendredi par Radio France, ces analyses, supervisées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ont été déléguées à l’institut belge de santé publique, Sciensano, en lien avec l’Anses, faute de capacités suffisantes en France. Interrogés par l’AFP, les ministères de la santé et de l’agriculture, ainsi que l’Anses, n’ont pas confirmé l’information dans l’immédiat.
« Le choix d’un laboratoire étranger confirme de facto que les capacités analytiques disponibles en France ne permettaient pas, jusqu’ici, de répondre avec la célérité requise pour gérer une crise touchant des bébés », a regretté dans un communiqué le collectif Intox’Alim, qui rassemble une vingtaine de familles ayant porté plainte cette semaine contre l’Etat et les entreprises concernées.
Les nouvelles plaintes, déposées par APS-Enfants, viennent s’ajouter à un dossier judiciaire déjà chargé, qui comprend aussi des actions intentées par l’ONG Foodwatch. Le parquet a, par ailleurs, ouvert des enquêtes judiciaires à chaque décès de nourrisson.













