Sans surprise, la décision du Comité international paralympique (CIP) d’autoriser les Russes et Biélorusses à participer aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026 (du 6 au 15 mars) avec hymnes et drapeaux a provoqué l’ire de l’Ukraine. Et il était peu probable que le pays reste sans rien faire. Le comité national paralympique ukrainien a annoncé, dans la soirée du jeudi 19 février, par le biais d’un communiqué, que sa délégation boycottera la cérémonie d’ouverture à Vérone (Vénétie) et exige que son étendard ne soit pas brandi lors de celle-ci. Contacté par l’Agence France-Presse, le CIP a refusé de faire tout commentaire, précisant que des discussions étaient en cours.
La décision de l’instance internationale, annoncée le 17 février, marque un tournant dans le sport mondial, après quatre ans de mise au ban de la Russie et la Biélorussie, décidée dans la foulée de l’offensive à grande échelle lancée par les troupes du Kremlin avec le soutien de Minsk à la fin de février 2022. Le lendemain, les ministres des sports et des affaires étrangères ukrainiens avaient déclaré qu’ils n’assisteraient « à aucun des événements officiels » des Jeux paralympiques, qualifiant cette réintroduction pleine de « scandaleuse ».
Le commissaire européen chargé du sport, Glenn Micallef, a, lui, aussi déclaré qu’il n’assisterait pas à ladite cérémonie. « Tant que la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine se poursuit, je ne peux soutenir le retour des symboles nationaux, drapeaux, hymnes et uniformes », développait le dirigeant d’origine maltaise sur son compte X.
« Nous attirons l’attention sur le fait que ni la Russie ni la Biélorussie n’ont suivi le processus de qualification (…) [pour] participer à ces Jeux », a aussi déploré le comité ukrainien. Le CIP a en effet alloué dix invitations aux para athlètes des deux pays : la Russie aura deux représentants en ski alpin, deux en ski de fond et deux en snowboard ; la Biélorussie aura, elle, quatre compétiteurs en ski de fond.
Pas de boycott sportif annoncé
Valeriy Sushkevych, le président du comité paralympique ukrainien, a toutefois écarté toute éventualité d’un boycott sportif de sa délégation : « Si nous n’y allons pas, cela reviendrait à permettre à [Vladimir] Poutine de revendiquer une victoire (…). Cela n’arrivera pas. » Il a aussi souligné qu’en 2022, le CIP avait tout simplement banni la Russie et la Biélorussie des Jeux de Pékin, en raison de l’offensive, et témoigné de son soutien au pays tout au long de l’événement. « Aujourd’hui, [le CIP] a changé de position et n’a pas respecté les valeurs d’humanité, de démocratie et la philosophie du mouvement paralympique international. Mais nous continuerons à nous battre pour unir les nations dans la lutte contre la guerre », a déclaré le dirigeant.
La guerre en Ukraine s’était déjà invitée aux Jeux – olympiques cette fois – de Milan-Cortina avec la disqualification du skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych pour avoir porté un casque rendant hommage à plusieurs de ses compatriotes athlètes morts au combat.
Casque que l’intéressé a offert au président Zelensky, qui avait pris sa défense, assurant que la décision de l’exclure n’avait « rien à voir avec la paix ». Avant que le propriétaire du Chakhtar Donetsk – le plus grand club de football du pays –, Rinat Akhmetov, lui offre 200 000 dollars (environ 169 000 euros), mardi. « Vlad Heraskevych s’est vu refuser la possibilité de concourir pour la victoire aux JO, et pourtant il revient en Ukraine en véritable vainqueur », a écrit l’homme d’affaires dans un communiqué.













