Les négociateurs iraniens sont arrivés, mercredi 25 au soir à Genève (Suisse), affichant leur optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis, sous médiation omanaise, malgré les propos de Donald Trump sur leurs « sinistres ambitions nucléaires ». Le président Massoud Pezeshkian parle de « perspective favorable », disant espérer sortir de « cette situation “ni guerre ni paix” ».
Le chef de la diplomatie, Abbas Araghtchi, qui conduit la délégation iranienne, devait rencontrer, dans la soirée, son homologue omanais, Badr Al-Boussaïdi, « et lui exposer la position de l’Iran sur la levée des sanctions et le dossier nucléaire ».
Par ailleurs, Téhéran a rejeté en bloc les allégations du président américain, mardi, dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès. Donald Trump a affirmé que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et travaillait à concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis ». « Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires », a ajouté le président américain, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique.
D’après un rapport parlementaire américain daté de 2025, l’arsenal iranien peut atteindre des cibles allant jusqu’à 3 000 kilomètres, soit loin du territoire des Etats-Unis.
« Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges », a déclaré, mercredi, sur X le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei.
Un accord « à portée de main », à condition de diplomatie
« Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (…) de se doter d’une arme nucléaire », a également déclaré, mardi, Donald Trump. « Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots-clés : “Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire” », a-t-il insisté. Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.
Abbas Araghtchi avait auparavant affirmé que son pays était « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dans les plus brefs délais ». Il a fait état d’une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte » les intérêts mutuels. « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée », a-t-il ajouté.
Téhéran se défend d’ambitions nucléaires militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du traité de non-prolifération dont il est signataire.
« Il est important de rappeler que l’Iran refuse de nous parler des missiles balistiques ou d’en parler à qui que ce soit, et c’est un gros problème », a déclaré, de son côté, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lors d’une conférence de presse, mercredi, en marge d’une réunion de la Communauté caribéenne (Caricom) dans l’archipel de Saint-Christophe-et-Niévès.
« Après la destruction de leur programme nucléaire, on leur a demandé de ne pas tenter de le relancer, mais voilà où ils en sont aujourd’hui. On les voit constamment essayer d’en reconstruire certains éléments. Ils ne procèdent pas à l’enrichissement pour l’instant, mais ils tentent d’atteindre le stade où ils pourront finalement le faire », a-t-il argué.
« Le président [Trump] souhaite des solutions diplomatiques. Il les préfère, il les préfère largement. Je ne qualifierais donc pas la journée de demain autrement que comme une série de discussions, qui, je l’espère, seront productives, mais au final, vous savez, nous devrons discuter d’autres sujets que le seul programme nucléaire », a ajouté Marco rubio.
« Droit de manifester »
L’Iran et les Etats-Unis, qui ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate (Oman), avaient tenu cinq sessions de pourparlers nucléaires l’an dernier, stoppés net par la « guerre de douze jours » déclenchée en juin par une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens.
Dans son discours de mardi, Donald Trump a accusé le pouvoir iranien d’avoir tué 32 000 personnes dans la répression, au début de janvier, d’une vague inédite de contestation. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a, elle, recensé plus de 7 000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement plus élevé.
En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi à Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu « le droit de manifester » mais les a avertis de ne pas franchir des « lignes rouges ».








