Dans près de 96 % des communes, soit pour 42,6 millions de Français, les élections municipales se sont terminées dès le premier tour, dimanche 15 mars. Dans les quelque 1 500 villes restantes, les électeurs étaient de nouveau appelés aux urnes, dimanche, afin de choisir leur équipe municipale.
Voici les principaux résultats du second tour dans une quinzaine de communes faisant l’objet d’une attention particulière, notamment parce qu’une personnalité politique d’envergure nationale est en lice ou parce qu’il s’agit d’une grande ville qui pourrait basculer. Cet article sera mis à jour au fil de la soirée de dimanche.
A Paris, Emmanuel Grégoire (PS) l’emporte largement
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche – Parti socialiste (PS), Parti communiste (PCF), Les Ecologistes –, remporte une large victoire face à Rachida Dati (Les Républicains, LR), avec plus de 50 % des voix.
L’élection parisienne était pourtant l’une des plus incertaines. Emmanuel Grégoire, dont la liste d’union de la gauche était arrivée en tête au premier tour, se trouvait engagé dans une triangulaire face à Rachida Dati – qui avait fusionné la sienne avec celle du candidat Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) – et la candidate de La France insoumise (LFI), Sophia Chikirou, qui s’était maintenue. Sarah Knafo, tête de liste Reconquête !, avait décidé de se désister à l’issue du premier tour malgré sa qualification de justesse.
A Lyon, la victoire étroite du maire sortant Grégory Doucet (Les Ecologistes)
Le maire sortant de Lyon, Grégory Doucet (Les Ecologistes), l’emporte avec seulement quelque 3 000 voix de plus que son adversaire Jean-Michel Aulas. Celui-ci a dénoncé, dimanche soir, des « irrégularités » et dit déposer un recours.
A la tête d’une liste d’union de la gauche, M. Doucet avait déjoué les pronostics au premier tour, devançant de peu le candidat de la droite et du centre, Jean-Michel Aulas, ancien président de l’Olympique lyonnais reconverti dans la politique. Dès le lendemain, l’édile s’était entendu sur une « fusion technique » avec la candidate de LFI, Anaïs Belouassa-Cherifi, dont la liste avait obtenu 10,41 % des suffrages.
A Marseille, le maire sortant (divers gauche) Benoît Payan est réélu
Le maire sortant (divers gauche) de Marseille, Benoît Payan, est largement réélu avec plus de 54 % des voix, contre 40,1 % pour Franck Allisio, le candidat du Rassemblement national (RN).
Dans la cité phocéenne, le scrutin s’annonçait serré. Benoît Payan (36 % au premier tour), était engagé dans une triangulaire face au candidat du RN, Franck Allisio (35 %), et la candidate divers droite, Martine Vassal (12 %). Sébastien Delogu, tête de liste de LFI, avait fait le choix de se désister dans l’entre-deux tours afin de faire barrage au Rassemblement national.
A Bordeaux, la victoire serrée du macroniste Thomas Cazenave
Le député (Renaissance) de Gironde et ancien ministre chargé des comptes publics, Thomas Cazenave, ravit la mairie de Bordeaux à l’écologiste Pierre Hurmic.
Le désistement de Philippe Dessertine, candidat divers droite arrivé troisième au premier tour, avait rebattu les cartes dans la capitale girondine et donné un rôle de favori à M. Cazenave face à l’édile écologiste, soutenu par le PS le PCF, Génération·s, Nouvelle Donne et Place publique.
Bordeaux, que Pierre Hurmic avait conquise en 2020 après soixante-treize années de règne de la droite alliée au centre, rebascule.
A Nantes, la maire sortante Johanna Rolland (PS) réélue
La maire (PS) de Nantes, Johanna Rolland, a été réélue avec plus de 52 % des voix, contre son rival de LR, Foulques Chombart de Lauwe.
La maire et numéro deux du PS, qui briguait un troisième mandat à la tête de Nantes, avait fait le choix de fusionner sa liste avec celle de La France insoumise (LFI) menée par William Aucant pour le second tour.
Au premier tour, sa liste était talonnée par le candidat de l’union de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe.
A Lille, la victoire d’Arnaud Deslandes, successeur de Martine Aubry
Nommé il y a un an maire de Lille après le départ de Martine Aubry, le socialiste Arnaud Deslandes a été élu face à la candidate LFI, Lahouaria Addouche.
Au premier tour, l’« insoumise » avait créé la surprise en talonnant le maire sortant dans ce fief du PS. Une alliance avait été scellée entre les socialistes et les écologistes dans l’entre-deux tours.
Au Havre, la large victoire d’Edouard Philippe
A l’issue d’une triangulaire inédite depuis 1995, le maire sortant (Horizons) du Havre (Seine-Maritime), Edouard Philippe, est réélu avec 47,7 % des voix, devant le communiste Jean-Lecoq (41,2 %) et le candidat UDR-RN Franck Keller (11,1 %).
Par sa réélection à la tête de la ville qu’il dirige depuis 2010, l’ancien premier ministre voit sa voie s’éclaircir pour 2027. Il en avait fait une condition pour sa candidature à la présidentielle.
A Nice, Eric Ciotti largement est élu
Eric Ciotti, chantre de l’« union des droites » et soutenu par le RN, remporte la mairie de Nice, face à son principal adversaire et maire sortant Christian Estrosi (LR-Horizons). La candidate de la gauche hors LFI, Juliette Chesnel-Le Roux, qui avait fait le choix de se maintenir, arrive en troisième position.
A la suite de ces résultats, Christian Estrosi a annoncé se retirer de la vie politique.
A Pau, la défaite de François Bayrou
L’ancien premier ministre François Bayrou, maire de Pau depuis 2014, essuie une défaite dans son fief des Pyrénées-Atlantiques face à son principal opposant, Jérôme Marbot, soutenu par le PS, Place publique, le PCF et les Ecologistes. La candidate RN, Margaux Taillefer, termine loin derrière.
M. Marbot, avocat en droit public et droit de l’environnement de 50 ans, l’emporte avec seulement 344 voix d’avance sur le président du MoDem, 75 ans, pour qui cette défaite est un revers majeur, six mois après sa chute à l’Assemblée nationale et son départ de Matignon.
A Mulhouse, la victoire de la liste citoyenne de Frédéric Marquet
Le scrutin s’annonçait très ouvert à Mulhouse, première ville du Haut-Rhin, avec pas moins de douze listes au départ. A l’issue du premier tour, la maire sortante (divers droite), Michèle Lutz était engagée dans l’une des rares quinquangulaires du scrutin.
C’est finalement Frédéric Marquet, candidat indépendant classé au centre droit dont la liste citoyenne avait fusionné avec celle de Lara Million (Renaissance), qui l’emporte.
Nîmes bascule à gauche avec la victoire du communiste Vincent Bouget
A Nîmes, le député européen (RN) Julien Sanchez, en tête au premier tour, est battu par la liste d’union de la gauche hors LFI menée par Vincent Bouget (PCF). La ville, dirigée par LR, bascule donc à gauche.
Brest bascule à droite avec la victoire de Stéphane Roudaut
Stéphane Roudaut, le candidat divers droite, l’emporte à Brest, battant le maire sortant (PS), François Cuillandre, allié avec LFI, dans une ville gérée par la gauche depuis 1989.
Arrivé en deuxième position, derrière Stéphane Roudaut, au premier tour, François Cuillandre, qui rejetait toute alliance avec LFI, en avait finalement conclu une avec la tête de liste « insoumise », Cécile Beaudouin.
A Toulon, la maire sortante Josée Massi en tête
La candidate du RN, Laure Lavalette, est battue à Toulon, où elle était arrivée largement en tête à l’issue du premier tour, par son adversaire et maire sortante (divers droite), Josée Massi.
L’édile de la préfecture du Var avait refusé de miser sur un front républicain au second tour en fusionnant avec d’autres listes de gauche ou de droite.
A Roubaix, la victoire de l’« insoumis » David Guiraud
Le député (LFI) du Nord David Guiraud a remporté l’élection municipale à Roubaix, l’une des villes pour lesquelles le mouvement de Jean-Luc Mélenchon nourrissait le plus d’ambition.
Déjà arrivé très largement en tête au premier tour, le candidat « insoumis » s’est imposé sans difficulté au second, loin devant le sortant (divers droite), Alexandre Garcin. La participation s’est élevée dans la ville à 37,48 %.
A Limoges, la victoire de Guillaume Guérin (LR) face à LFI allié au PS
Guillaume Guérin (LR) remporte la ville de Limoges, en Haute-Vienne. La fusion des listes PS et LFI n’aura pas suffi à la gauche pour reprendre la mairie dont elle détenait les clés jusqu’en 2014. Damien Maudet (LFI) arrive en seconde position, loin devant le candidat RN, Albin Freychet.
A Carcassonne, la large victoire du Rassemblement national
Le candidat (RN) Christophe Barthès remporte une large victoire à Carcassonne, face à une liste divers droite menée par François Mourad, ancien directeur de cabinet du maire sortant, ainsi qu’une liste d’union de la gauche menée par le premier secrétaire fédéral du PS de l’Aude, Alix Soler-Alcaraz.
Le RN avait fait de Carcassonne, célèbre pour sa citadelle classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, un objectif de ce scrutin. Le président du parti, Jordan Bardella, y avait fait son premier déplacement de campagne, début février.










