L’accord commercial entre l’Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur sera appliqué provisoirement à partir du 1er mai, a annoncé la Commission européenne, lundi 23 mars.
Le Parlement européen avait saisi la justice en janvier pour vérifier la légalité de ce traité de libre-échange. Mais en attendant, la Commission européenne a opté pour une application provisoire de cet accord, combattu par le secteur agricole et la France, mais plébiscité par l’Allemagne et l’Espagne.
Cet accord de l’Union européenne avec la zone de libre-échange sud-américaine est perçu comme une menace claire pour les agriculteurs français.
En cause, l’arrivée depuis cinq pays, dont le Brésil et l’Argentine, de produits issus de l’élevage (boeuf, volaille, miel, etc.) ou des cultures (sucre, maïs, éthanol, etc.) soumis à des normes nettement moins strictes que celles de l’UE.
« Pour la France c’est une surprise, et une mauvaise surprise », déplorait en février le président Emmanuel Macron à propos de cette application provisoire à venir. « C’est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquelles les Européens n’ont pas encore apporté la visibilité nécessaire », soulignait-il.
Ce traité créant l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, signé le 17 janvier, a été bloqué le 21 janvier par le Parlement européen. Les eurodéputés demandent à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’évaluer sa conformité avec les traités de l’Union, processus qui doit prendre plusieurs mois.
La Commission européenne avait toutefois la possibilité d’appliquer l’accord de façon temporaire, après sa ratification par de premiers pays du Mercosur, ce que l’Argentine et l’Uruguay ont fait.













