L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado a dit, jeudi 15 janvier, avoir « offert » à Donald Trump la médaille de son prix Nobel de la paix, alors que le président américain la tient à l’écart de sa stratégie pour le Venezuela. « J’ai offert au président des Etats-Unis la médaille du prix Nobel de la paix », a-t-elle déclaré à des journalistes au Capitole, siège du Congrès américain. Interrogée pour savoir si le républicain, qui convoite ouvertement cette distinction, avait gardé la médaille, elle n’a pas répondu.
Le Nobel Peace Center, musée situé à Oslo, a opportunément souligné sur X, jeudi, que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction. Mais il a ajouté : « Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat. »
Peu après la capture de Nicolas Maduro, désormais détenu aux Etats-Unis, le président américain avait estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger le pays.
Le déjeuner entre Donald Trump et Maria Corina Machado, présenté côté américain comme une rencontre de courtoisie plus qu’autre chose, s’est déroulé sans accès de la presse. Elle est arrivée peu après midi heure locale (18 heures à Paris) à la Maison Blanche et est partie aux alentours de 14 h 30. « Je lui ai assuré que les Vénézuéliens voulaient vivre libres, dignement, dans la justice », a encore dit l’opposante. « Pour cela, il faut la démocratie », a-t-elle ajouté.
Donald Trump écarte pour l’instant l’organisation d’élections et préfère « dicter » jusqu’à nouvel ordre les décisions de l’équipe dirigeante restée en place à Caracas après la capture du président déchu par les forces spéciales américaines. Maria Corina Machado « est vraiment une voix remarquable et courageuse pour beaucoup de Vénézuéliens », a commenté la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant que la réunion était encore en cours.
Delcy Rodriguez, une « personne formidable » selon Donald Trump
Le président américain avait eu mercredi une « longue conversation » avec la présidente par intérim du pays d’Amérique latine, Delcy Rodriguez. Il n’a eu que des éloges pour l’ancienne vice-présidente du dirigeant déchu, une « personne formidable », selon lui, assurant pendant un échange avec la presse qu’il « travaillait très bien » avec les autorités vénézuéliennes. Delcy Rodriguez a parlé d’un entretien « productif et courtois », « dans un cadre de respect mutuel ». Elle a évoqué jeudi une « réforme partielle » de la loi sur le pétrole, principale ressource du pays dont Washington entend contrôler l’extraction et la commercialisation.
Les forces américaines ont par ailleurs saisi jeudi matin un nouveau pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes, le sixième en quelques semaines. Les Etats-Unis ont aussi finalisé une vente de pétrole vénézuélien, la première depuis leur reprise en main du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars (431 millions d’euros).
Pour arriver à ses fins, Donald Trump devra aussi convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d’investir massivement dans les infrastructures en mauvais état du Venezuela. Le pays dispose des plus grandes réserves du monde avec 303 221 millions de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), devant l’Arabie saoudite (267 200 millions) et l’Iran.
Toutefois, des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter la production d’un pic de plus de 3 millions de barils/jour à un plus bas historique d’un peu plus de 350 000 barils/jour en 2020. Le pouvoir a fait des efforts pour redresser la barre et atteindre 930 000 barils/jour en 2025, selon l’OPEP. La production avoisinerait actuellement 1,2 million barils/jour, selon les autorités.











