Les locaux de la mairie de Fresnes (Val-de-Marne) ont été dégradés dans la nuit de vendredi à samedi 28 mars lors de l’intrusion de plusieurs personnes encagoulées. Les faits se sont déroulés vers 21 h 30, la veille de l’installation de la nouvelle équipe municipale, qui a battu la majorité sortante de gauche dimanche dernier.
Sur deux extraits de vidéosurveillances, mises en ligne sur X par le ministre de la ville et du logement, Vincent Jeanbrun – par ailleurs ancien maire de la commune limitrophe de L’Haÿ-les-Roses –, une dizaine de personnes sont visibles devant, puis à l’intérieur de la mairie. L’une d’entre elles utilise un mortier d’artifice en direction de la porte d’entrée.
Une fois à l’intérieur du bâtiment, le groupe reste moins d’une minute. Plusieurs personnes dégradent du mobilier, sautent sur le secrétariat d’accueil et frappent les vitres de portes intérieures. « Une banque d’accueil a été vandalisée, les écrans (…) ont été cassés », a détaillé à l’Agence France-Presse (AFP) Christophe Carlier, qui a obtenu 45 % des voix au second tour des municipales, devant la maire PS sortante Marie Chavanon (43,53 %).
Des tables pliantes ont été renversées et du verre brisé. Le nouvel édile, qui déplore un préjudice « colossal » pour le fonctionnement des services, fustige une action contre « la maison commune », selon lui « clairement liée à l’élection ».
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a assuré sur X, samedi matin, que « tout [était] mis en œuvre » pour « identifier » les auteurs de l’intrusion et des dégradations, « les interpeller et les traduire en justice ». « Porter atteinte à une mairie, c’est porter atteinte à notre République », a-t-il écrit.
Dégâts en centre-ville
Le conseil municipal a, malgré les dégâts, pu se tenir samedi matin pour valider l’investiture du nouveau maire. L’opposition socialiste a condamné des violences « inacceptables », tout en mettant en garde la nouvelle majorité. « Il ne faut pas céder à la théorie du complot (…) et que ça serve encore d’excuse à la droite pour positionner l’armement » d’une future police municipale, a prévenu l’élue d’opposition Rachida Sadane.
Cette dernière a dénoncé auprès de l’AFP une séance d’installation « houleuse » au cours de laquelle la gauche a été « empêchée de s’exprimer », accusant notamment le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, présent dans le public, de lui avoir « coupé la parole ».
M. Jeanbrun, ex-maire de L’Haÿ-les-Roses, commune limitrophe, a pour sa part confié son émotion face aux images de l’hôtel de ville vandalisé, qui ont ravivé les souvenirs de « l’attaque de [son] domicile » lors des émeutes de l’été 2023.
« On voit qu’il y a dans notre pays des mouvements sous-jacents qui refusent l’autorité et viennent s’exprimer même dans le débat politique pour presque intimider des équipes (…) qui défendaient le retour de l’ordre », a estimé le ministre, appelant à une réponse « extrêmement ferme ».
Rue Ténine, juste à côté de la mairie de cette commune de 30 000 habitants, d’autres dégradations ont été constatées par un journaliste de l’AFP. « Les vitrines ont été brisées », se désole Stevie Agodor, le gérant de l’auto-école Quick Permis 94, qui a également vu disparaître une moto d’une valeur de plus de 2 000 euros mise en jeu pour une promotion. Chiffrant son préjudice à près de 20 000 euros, il craint d’être « obligé de fermer pendant les travaux » si son assurance ne prend pas le sinistre en charge. La Caisse d’Epargne voisine a également été ciblée.













