L’espace d’une journée, Paris semblait au cœur de la diplomatie occidentale. Ce mardi 6 janvier, alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine fait rage, la cour de l’Elysée enneigée est le théâtre de négociations « historiques », clame Emmanuel Macron. Pour preuve, les émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, ont fait le déplacement en France. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, héros de l’Europe, est là comme Friedrich Merz, le chancelier allemand, son homologue britannique, Keir Starmer, la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, ou encore le premier ministre canadien, Mark Carney. Tous les membres de la « coalition des volontaires » soutiens de Kiev ont répondu présent.
Le « sommet de Paris », selon la terminologie du président français, est présenté comme un succès. Il ne permettra pas d’esquisser la paix, dont la Russie ne veut pas, mais il doit marquer les esprits. Montrer que l’Europe est unie et que la France pèse sur la scène internationale. Steve Witkoff n’a-t-il pas « remercié Dieu » d’avoir à ses côtés Emmanuel Macron, un « être exceptionnel » ?
Le président français fait un usage habile du protocole et des beautés de son pays, observe un proche du chef de l’Etat. Mais le décor et les apparats masquent mal les difficultés françaises, pays affaibli politiquement et économiquement sur la scène internationale. Emmanuel Macron est loin d’être le seul leader fragilisé par le retour d’une géopolitique mondiale guidée par les hommes forts et leurs élans néo-impérialistes. Friedrich Merz pas plus que Keir Starmer ne parviennent à imposer leur diplomatie aux Etats-Unis.
L’heure est à la marginalisation de l’Europe. Mais la France semble ne plus se faire entendre, y compris par ses partenaires du Vieux Continent. L’adoption du traité de libre-échange du Mercosur par l’Union européenne, le 9 janvier, malgré l’opposition d’Emmanuel Macron, en est un témoignage cinglant. « La France a des ambitions diplomatiques fortes, mais elle n’a pas les moyens de sa politique », constate Shahin Vallée, chercheur en économie politique au think tank Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik.
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