Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a affirmé qu’il n’était « pas juste », notamment politiquement, de classer La France insoumise à l’« extrême gauche » et a attaqué ceux qui « cherchent à dédiaboliser l’extrême droite » pour « transmettre le mistigri à la gauche radicale », dimanche 8 février sur France 3.
Le mouvement de gauche radicale, fondé en 2016, a été classé pour la première fois de son histoire comme un parti d’extrême gauche, comme Lutte ouvrière et le Nouveau Parti anticapitaliste, dans une circulaire publiée dans la semaine par le ministère de l’intérieur concernant l’attribution des nuances aux candidats pour les municipales.
«Je ne sais pas si c’est un problème, y compris pour LFI, mais je ne trouve pas ça juste. Le Conseil d’Etat a déjà tranché cette question [dans une décision datant de 2024] et LFI est un parti de la gauche radicale. C’est un parti qui s’inscrit dans un parcours (…) électoral, démocratique, et on ne peut pas les classer à l’extrême gauche », a développé le patron du PS, avant d’ajouter « je ne pense pas que ça change grand-chose au résultat ».
Eric Coquerel dénonce « un délit d’opposition »
« C’est carrément un délit d’opposition qui est créé », a pour sa part tancé le député « insoumis » Eric Coquerel dans l’émission « Questions politiques », de laquelle Le Monde est partenaire. « Théoriquement, quand vous classez des mouvements comme ça, c’est pour éclairer le débat politique, donc vous prenez en compte l’origine du mouvement, son histoire, son programme, la manière dont il estime [l’] appliquer. Nous, c’est par les urnes », a développé le cadre de LFI. « Là, ce qui nous est reproché, ce sont des motions de censure et le fait de ne pas avoir voulu participer à des discussions pour négocier un budget qui était minoritaire », a-t-il déploré.
Selon Manuel Bompard, coordinateur de LFI, un recours devant le Conseil d’Etat est étudié. La question est significative pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui réfute régulièrement ce qualificatif brandi par ses opposants politiques, notamment parce qu’il considère qu’il s’agit d’une manière de le comparer au Rassemblement national.
Laurent Nuñez assume « totalement »
Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella rejette d’ailleurs aussi régulièrement le terme d’« extrême droite ». Mais pour Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, La France insoumise « répond aux critères de ce qu’est l’extrême gauche » : « un parti violent, un parti anticapitaliste », a-t-il développé au Grand Jury RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6, répétant que son parti n’était pas favorable à ces classements.
Le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez a dit jeudi assumer « totalement » sa décision. « Chez La France insoumise il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, on refuse d’aller voir le gouvernement pour des réunions de travail », a-t-il argué. « Certains cherchent à dédiaboliser l’extrême droite, transmettre le mistigri à la gauche radicale », a répondu Olivier Faure, dénonçant une volonté de « réintégrer dans l’arc républicain l’extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale ».













