Sa voix est lasse, emprunte de pudeur. Luke Ganger a pris place dans une salle du Capitole, le 3 février, pour parler de sa sœur, Renee Good, connue dorénavant du pays entier comme une victime des agents fédéraux. Elle a été abattue au volant de sa voiture par un membre d’ICE à Minneapolis (Minnesota), début janvier ; ICE – Immigration and Customs Enforcement –, l’agence qui traque les clandestins, est devenue l’incarnation redoutée et décriée de la politique migratoire de Donald Trump. Devant un forum rassemblant des élus démocrates, Luke Ganger est venu parler « des scènes complètement surréalistes » qui ont animé les rues de sa ville pendant des semaines. « Ce n’est pas juste une question d’un mauvais jour ou d’une semaine difficile ou d’incidents isolés. Ces rencontres avec des agents fédéraux changent la communauté et changent de nombreuses vies, dont les nôtres, à jamais. »
La mort de Renee Good et celle d’Alex Pretti, quelques jours plus tard, ont illustré l’approche pyromane adoptée par le département de la sécurité intérieure (DHS) à Minneapolis. Près de 3 000 agents ont été déployés, sans coordination avec les autorités locales. Masqués, dépourvus de signe d’identification, à bord de voitures banalisées, ils ont multiplié les violations des procédures élémentaires d’intervention. L’usage inconsidéré d’armes à feu est évident. L’abus de perquisitions administratives à domicile – ne nécessitant pas le feu vert d’un juge – semble porter atteinte au quatrième amendement de la Constitution.
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