Un iPhone noir éteint, caché dans une boîte de conserve. Ce matin du 24 mars 2025, voilà le bilan de la fouille de la cellule D2-M2-51. Mais au fond, peu importe pour le brigadier-chef de l’Office central de lutte contre le crime organisé. Venu ce jour-là à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), le policier s’intéresse avant tout à l’occupant des lieux. L’enquêteur a beaucoup de questions à poser au détenu numéro d’écrou 486049.
Placé en garde à vue sur place, Marcel Junior Loutarila, 24 ans, doit dérouler les présentations d’usage. Dans son parcours, il y a le tristement banal. Une enfance en banlieue parisienne, une scolarité arrêtée « en 2de pro commerce ». Des condamnations pénales à la pelle, dont la dernière, pour un accident de la route mortel, lui vaut son incarcération actuelle.
Mais le jeune homme aux fines dreadlocks et à l’allure nonchalante est aussi un détenu peu commun. Comme bijoux personnels, il déclare deux Rolex, achetées « 10 000 euros chacune ». Et estime ses revenus nets mensuels moyens « autour de 10 000 ou 15 000 euros ». Concernant sa profession, il dit : « Je suis artiste indépendant, auteur, compositeur, interprète, depuis 2017. » Au policier, il donne son nom de scène, bien plus connu que celui inscrit à l’état civil : Koba LaD.
Cliché numéro 34
Malgré son jeune âge, il est déjà un rappeur de premier plan, après un début de carrière éclair. A son actif, quatre albums, tous certifiés disques d’or ou de platine. Il collabore avec le gratin du rap français, de Maes à SDM. Un featuring avec Niska, dès son deuxième album, en avril 2019, fait décoller sa notoriété. Puis, en novembre de la même année, il remplit un Zénith à Paris, à même pas 20 ans – avec, lors du concert, la mise en scène de sa fausse interpellation par des policiers.
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