C’est à elle qu’est revenu l’honneur d’ouvrir le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) à Paris, le 10 février 2025. Ce jour-là, quelques minutes avant que le président de la République, Emmanuel Macron, ne monte sur scène, Fei-Fei Li a défendu le concept qui l’occupe depuis bientôt une décennie : « Aujourd’hui, j’aimerais que nous osions, ensemble, bâtir une intelligence artificielle centrée sur l’humain. »
A Stanford (San Francisco, Californie), où l’informaticienne sino-américaine enseigne, elle a ainsi fondé, en 2019, l’Institut pour une IA centrée sur l’humain. Quelques mois plus tôt, entendue par la commission des sciences de la Chambre des représentants américaine, Fei-Fei Li assénait déjà que le développement de l’IA devait être guidé par une approche « centrée sur l’humain ». « Il n’y a rien d’artificiel dans l’IA, leur a-t-elle exposé. Elle s’inspire des humains, elle est fabriquée par les humains, et, surtout, elle affecte les humains. »
Fei-Fei Li cite parfois sa mère, qui lui avait demandé en quoi consistait son travail – et notamment les travaux lui ayant valu le surnom de « marraine de l’IA ». Elle lui avait expliqué comment elle avait, à Stanford, créé ImageNet, une gigantesque banque d’images légendées avec précision, qui avait contribué, au tournant des années 2010, à l’avènement de l’IA moderne. Cela n’avait pas semblé suffire. « Comment l’IA peut-elle aider les gens ? », avait alors insisté sa mère. Cette question lui sert, depuis, de boussole.
Il vous reste 73.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.













