Il n’est pas rare de surprendre Eric Aubert assis parmi les spectateurs. Au dernier rang, jamais très loin de sa cabine de projection, pour prendre le pouls, sentir la salle réagir, tandis que les scènes défilent sur la toile blanche. « L’émotion dépend de la qualité du film mais surtout de l’atmosphère qui se crée à chaque représentation : les projectionnistes jouent un rôle essentiel par le réglage du son et du cadrage qui doit s’adapter à chaque fois à un endroit qui n’est pas naturellement configuré pour le cinéma », dépeint ce technicien itinérant de 43 ans, formé dans de petits complexes indépendants, d’abord en Touraine, avant de rejoindre la capitale.
Eric Aubert est un cinéphile pointu, croqueur de scénarios en tout genre. Il est, surtout, un artisan, amoureux de « cette expérience collective » qui prend forme dans l’obscurité, déclinée au quotidien au rythme de son itinérance sur les routes de la région Centre-Val de Loire. Vendredi 13 février, il a garé son imposant fourgon sérigraphié « Ciné Off », l’association qui l’emploie, et déballé son matériel au « Palace », un foyer d’éducation populaire plantée au pied d’une ancienne abbaye bénédictine, à Cormery, une commune de l’Indre-et-Loire de 1 800 âmes située au sud-est de Tours. Malgré la pluie battante, tout un village a semblé affluer pour l’unique séance du soir. On y propose L’Affaire Bojarski, le dernier long-métrage de Jean-Paul Salomé.
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