Failles de sécurité, non-respect des règles, collusion et corruption dans les appels d’offres : les accusations pleuvent en Thaïlande après une série de tragédies industrielles qui ont endeuillé le pays en pleine campagne électorale et minent la crédibilité des chantiers de travaux publics. Mercredi 14 janvier, un train de passagers a déraillé, et plusieurs wagons broyés, faisant 32 morts dans la province de Nakhon Ratchasima (nord-est), lorsqu’une grue utilisée pour construire la voie ferrée surélevée du futur train à grande vitesse sino-thaïlandais s’est fracassée avec sa charge sur son passage.
Le chantier et le train accidenté sont la propriété de l’opérateur public des chemins de fer thaïlandais, State Railway of Thailand (SRT). Deux jours plus tard, une autre grue du chantier d’un pont autoroutier dans la banlieue ouest de Bangkok a brisé en s’effondrant le tablier en construction, faisant deux morts dans des voitures qui circulaient en dessous.
Dans les deux cas, ces chantiers publics avaient été attribués à l’un des principaux groupes de BTP thaïlandais, Italian-Thai Development (ITD). Or, cette société privée, qui doit son nom à sa fondation dans les années 1950 par un Italien et un Thaïlandais, est liée à un autre sinistre mémorable : l’effondrement total d’un gratte-ciel en construction, le 28 mars 2025, lors du séisme qui a frappé la Birmanie voisine. Quelque 95 personnes, pour la plupart des ouvriers, avaient péri. La tour de 33 étages, la seule à s’être écroulée à Bangkok, était en chantier depuis 2020 et devait abriter le siège de la Cour des comptes du pays. Plusieurs incidents de grue sur des chantiers d’ITD de la même autoroute ont fait huit morts entre 2021 et 2024.
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