Les alarmes indiquant l’arrivée imminente de missiles Iraniens n’ont pas sonné, jeudi 19 mars à midi, sur les téléphones des Palestiniens de Beit Awwa, une petite ville commerçante près de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Elles ont seulement résonné dans les poches des journalistes présents ou des habitants, peu nombreux, qui disposent d’un abonnement à un opérateur de téléphonie israélien. Les sirènes non plus n’ont pas sonné. Il n’y en a pas, sauf dans les colonies juives installées sur les collines tout autour d’Hébron.
Personne ne s’est précipité dans un abri. Il n’y en a pas dans cette ville de 15 000 habitants. La foule de plusieurs centaines d’hommes est donc restée immobile alors que résonnaient dans le ciel les explosions de missiles interceptés par l’armée israélienne et que les corps de trois des quatre femmes tuées la veille à la suite d’un tir de missile iranien étaient portés sur des brancards à bout de bras pour rejoindre l’école et une prière collective avant le cimetière.
L’histoire de ces femmes est tragique. Il était 22 h 30, mercredi soir, et Sahira Malsameh, 33 ans, accueillait des clientes de son salon de beauté dans un mobile-home joliment décoré, avec un canapé sur lequel s’installer, entre deux oliviers, à côté de la maison familiale.
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