« Je vends 200 marques de cigarettes, explique fièrement ce buraliste de Sanlitun, un quartier du centre de Pékin. Les plus populaires sont des marques locales comme Zhongnanhai mais aussi Huanghelou du Hubei et YunYan, qui vient du Yunnan, où pousse le tabac. Celles qui rencontrent le plus de succès auprès des jeunes sont les fines. Ils ont l’impression que c’est moins dangereux. » Mais pas de cigarette électronique dans sa boutique. « Les gens n’en veulent pas », balaie-t-il d’un revers de la main. Sans doute à cause de leur goût et de leur prix.
En Chine, les parfums aromatisés, autre que celui du tabac, sont interdits. Et les cigarettes électroniques sont fortement taxées : 36 % à la sortie d’usine, puis 11 % sur le prix du grossiste aux détaillants. S’ajoutent enfin les 13 % de la TVA, payée par le consommateur. Rien ne doit faire de l’ombre au tabac.
Depuis novembre 2021, la cigarette électronique est placée sous la gouvernance du Bureau national du monopole du tabac (CNTC), lequel gère plusieurs centaines de marques chinoises, toutes étatiques. L’Etat chinois est donc le plus grand producteur de tabac au monde, représentant plus de 46 % de la production mondiale en 2021. Entre les taxes et les profits, l’industrie du tabac chinois a rapporté 1 600 milliards de yuans (195,97 milliards d’euros) à l’Etat en 2024, soit 9 % des recettes fiscales chinoises.
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