Le désamour s’amplifie entre les Français et la politique : c’est ce que montre la forte abstention au premier tour des municipales, dimanche 15 mars, sensiblement plus élevée que ce qu’anticipaient les sondages. Entre 41,5 % et 44 % des 48,7 millions de personnes inscrites sur les listes électorales n’ont pas voté lors de ce scrutin, selon les estimations de plusieurs instituts de sondage. Du jamais-vu, hors crise sanitaire. Lors du dernier scrutin municipal classique, en 2014, le taux d’abstention n’avait pas dépassé 36,6 %.
L’abstention s’est révélée particulièrement forte en Côte-d’Or, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et en Essonne. De façon logique, elle est d’autant plus élevée que l’enjeu paraissait limité, notamment dans les nombreuses communes – 68 % du total – où une seule liste était enregistrée.
Dans les 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, le nouveau mode de scrutin a aussi pu freiner la participation. Le scrutin de liste paritaire proportionnel, déjà pratiqué dans les autres types de communes, favorise certes la parité. Mais il empêche d’ajouter ou de rayer un nom sur une liste. Quand il n’y a qu’un candidat au fauteuil de maire, cette interdiction du panachage fait, en pratique, perdre aux électeurs leur seule possibilité d’intervenir sur le résultat du vote.
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