« C’est les mamans qui donnent des ordres ! », oppose Amine Oualane à la présidente de la cour d’assises qui tente de ramener le calme dans le box en invitant les accusés à se rasseoir. « Le procès, c’est terminé », lance de son côté Gabriel Ory, debout, tendant les bras aux surveillants pour signifier son souhait de quitter l’audience. Le procès des pères fondateurs présumés de la DZ Mafia s’est ouvert dans le chaos, lundi 23 mars, les accusés multipliant les incidents.
Hélicoptère survolant le centre d’Aix-en-Provence et le cheminement des convois pénitentiaires, un quartier en état de siège avec un palais de justice cerné de véhicules de police et de gendarmerie, des contrôles renforcés de toute personne accédant à la cour d’appel y compris magistrats et avocats : des mesures exceptionnelles de sécurité ont été déployées. Une salle de repos au sous-sol a été transformée en un véritable casernement pour les forces de l’ordre. En dépit de ce dispositif, les accusés paraissent visiblement satisfaits de se retrouver et de bavarder ensemble.
« J’ai aucune profession, je suis incarcéré depuis l’âge de 18 ans », indique Amine Oualane, alias « Mamine », 31 ans, lors d’un bref interrogatoire d’identité. Ils sont cinq accusés, présents dans le box, gardés par une haie serrée de personnels pénitentiaires cagoulés. Walid Bara, le sixième à être jugé, était sorti en mai 2024 par la grande porte des Baumettes au bénéfice de multiples erreurs de procédures. Il est absent. C’est son avocat qui signale à la présidente qu’elle n’a pas évoqué l’identité de cet accusé jugé par défaut : « Si vous voulez l’oublier, il n’y a pas de problème », ironise Me Raphaël Chiche.
Il ne faut pas attendre la fin de l’appel des témoins et des experts pour qu’Amine Oualane provoque le premier incident. Il désigne le banc de la presse d’où une journaliste, affirme-t-il faussement, aurait pris une photo avec son téléphone. « Un geste mal interprété », tranche la présidente pour qui « l’incident est clos ». Mais Christine d’Arrigo, défenseure de Gabriel Ory, s’en empare pour réclamer un huis clos, dénoncer « l’exposition publique extrême aux “20 heures” » de son client, « la couverture intrusive des médias qui exposent son intimité en se questionnant pourquoi il est gros, pas gros ».
Il vous reste 51.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.












