Des conteneurs métalliques d’à peine 10 m2, « sans lumière ni fenêtre », dans lesquelles des prisonniers – dont des civils et au moins deux journalistes –, auraient été « entassés par dizaines ». Dans une enquête publiée mardi 24 mars, Reporters sans frontières (RSF) met en lumière les conditions de détention dégradantes qu’auraient imposées les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenus par le Rwanda, à de « nombreuses personnes » à Goma, peu de temps après la conquête de la ville.
Principale ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Goma est passée sous le contrôle des rebelles en janvier 2025. A partir d’images satellites et de témoignages directs de prisonniers, RSF a pu confirmer l’installation par le M23 de plusieurs conteneurs dans la cour du bâtiment de l’Assemblée provinciale. Au sein de l’organe législatif local, « des bureaux ont été vidés et également transformés en cellules », note l’ONG.
« Cet endroit, c’est la vallée de la mort. Pas de visites, aucun traitement digne de l’être humain et des tortures quotidiennes », rapporte un témoin, détenu pendant plusieurs semaines. Plusieurs prisonniers y seraient même morts, selon RSF. Les deux journalistes, depuis libérés, avaient quant à eux été arrêtés par les rebelles « après avoir publié des contenus éditoriaux jugés critiques par le M23 », précise au Monde Haïfa Mzalouat, l’une des deux autrices de l’enquête publiée par RSF.
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