Champagne, crevettes et bœuf sauce piquante : jeudi 26 mars, reconstitution de ligue dissoute dans un restaurant chinois de Paris. Bruno Gollnisch, Carl Lang, Jean-Yves Le Gallou, Jean-Pierre Reveau et Franck Timmermans, anciens hauts dirigeants du Front national (FN), trinquent « à la victoire de [leurs] amis de l’union des droites à Vierzon », jubile le premier. Ce cartel d’anciens opposants à Marine Le Pen, retirés de la politique partisane, célèbre la bascule de la sous-préfecture du Cher, à 200 kilomètres de là, aux mains de la gauche depuis la seconde guerre mondiale. Pourquoi cette extrême droite, pas la moins radicale, se félicite-t-elle de la victoire de Yannick Le Roux, 50 ans, un policier non encarté et officiellement soutenu par aucun parti, surtout pas par le Rassemblement national (RN) ?
Vierzon, 25 000 habitants, est la victoire la plus inattendue de l’extrême droite lors de ces élections municipales. Une conquête discrète menée contre les états-majors parisiens, grâce à l’alliance baroque de militants locaux allant du centre droit à Reconquête !, d’un maire voisin proche du milliardaire Pierre-Edouard Stérin, et d’un ancien dirigeant du FN ayant mis son expérience à disposition.
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