Les civilisations précolombiennes n’ont pas attendu les Incas pour transporter des marchandises sur des centaines de kilomètres, y compris à travers la cordillère des Andes. Si, depuis quelques décennies, la recherche archéologique a largement étendu la compréhension de la complexité des diverses cultures sud-américaines, l’article publié, mardi 10 mars, dans la revue Nature Communications, en offre un condensé spectaculaire. Une équipe internationale, conduite par George Olah, de l’Université nationale d’Australie, à Canberra, y affirme que les Ychsma, un peuple apparu au début du XIe siècle, sur la côte de l’actuel Pérou, pilotaient un réseau commercial complexe de transport de perroquets vivants à travers les Andes.
L’ornithologue australien n’avait pourtant rien d’un spécialiste de cette culture côtière, articulée autour de la cité de Pachacamac, à une trentaine de kilomètres de l’actuelle Lima. En revanche, le jeune thésard commençait à exceller dans la connaissance des perroquets amazoniens, au cœur de son doctorat. Il est donc resté interdit, lorsque, à l’occasion d’une visite dans un petit musée installé sur le site de l’ancienne cité, il a découvert des plumes familières, rouges, bleues, jaunes… Que pouvaient faire ces appendices de volatiles de la lointaine forêt humide sur ce terrain désertique, un des plus secs du monde ?
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