On s’attendait à se faire engueuler. Jeudi 6 novembre 2025, à Paris, on rencontre, au contraire, un homme apaisé, ouvert à la confidence. Chanteur criard de Sleaford Mods, Jason Williamson est venu nous parler longuement du huitième opus du duo, The Demise of Planet X, qui paraît vendredi 16 janvier. Depuis ses débuts, en 2007, le groupe de Nottingham bricole des chansons contestataires qui rappellent l’odeur des pubs anglais, cigarette froide et bière renversée. Un post-punk brut aux mélodies minimalistes, composées sur ordinateur par son compère Andrew Fearn, émaillé de paroles rageuses sur le monde du travail, le déclassement, le racisme et la pauvreté. Dans les années qui ont suivi le Brexit, cette musique viscérale leur a valu d’être qualifiés de « voix de l’Angleterre ». Jusqu’à l’agacement.
Sur ce disque, il est donc moins question du déclassement du Royaume-Uni que d’introspection. « La faute à douze ans de thérapie, plaisante Jason Williamson, venu seul, ce jour-là, dans le 11e arrondissement de Paris. Les six premières années, je me suis interrogé sur ma consommation de cocaïne et sur tous les secrets dont j’avais honte. Les six dernières, j’ai travaillé sur ma colère. » La rage demeure – on compte 84 occurrences du mot « fuck » dans l’album –, mais c’est un parolier serein qui s’épanche aujourd’hui.
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