Le Rassemblement national (RN) ne se fait habituellement pas prier pour célébrer une « percée » à chaque scrutin. Voilà le parti d’extrême droite soudain plus discret au sujet d’une progression, bien réelle : la multiplication de conseillers communautaires élus à la faveur de ses résultats historiques aux municipales. Au point que les troupes de Jordan Bardella peuvent espérer conquérir les premières intercommunalités de l’histoire du RN. En silence. « Nous ne communiquons pas nationalement sur le sujet et laissons nos maires œuvrer », balaie l’eurodéputé (RN) Julien Sanchez, directeur de campagne des dernières élections.
Les maires concernés, sollicités à plusieurs reprises, refusent d’échanger. Non qu’il soit honteux de viser la présidence des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), cet échelon territorial dont le RN prône la suppression tout en visant la direction de ces structures administratives compétentes en matière de transports, de logement, d’urbanisme, de développement économique et d’environnement. Les édiles lepénistes ont suffisamment dénoncé leur entrave par des « interco » jugées hostiles pour rechigner à les renverser. Le parti, qui n’a jamais gouverné de région ni de département, a enfin l’occasion de peser – et sans obstacles – sur la gestion locale dans quelques poches de ses zones de force.
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