« Publiez ces dossiers. Ils traînent », a lancé, à l’adresse de l’administration Trump, Hillary Clinton concernant l’affaire liée au criminel sexuel Jeffrey Epstein. Dans une interview accordée à la chaîne britannique BBC et diffusée lundi 16 février, l’ancienne secrétaire d’Etat américaine accuse le président Donald Trump d’avoir orchestré une opération de « dissimulation » au sujet de ces dossiers sensibles.
En janvier, le ministère de la justice américain a publié une nouvelle série de pièces du dossier Epstein, comprenant plus de trois millions de documents, photos et vidéos liés au criminel sexuel, mort en prison en 2019, un décès conclu comme un suicide.
Le mari d’Hillary Clinton, l’ancien président démocrate Bill Clinton (1993-2001), apparaît régulièrement dans ces fichiers, sans preuve que le couple ait été impliqué dans des activités illégales. Ils doivent être interrogés à huis clos devant une commission du Congrès américain. La commission souhaite entendre l’ancien président en raison de ses liens d’amitié avec le criminel sexuel, et l’ancienne cheffe de la diplomatie américaine pour ce qu’elle sait de ces liens entre son époux et le financier. Elle sera entendue le 26 février, tandis que son mari témoignera le lendemain.
« Nous nous y rendrons, mais nous pensons qu’il serait mieux de le faire en public », a réaffirmé Hillary Clinton à la BBC. « Je veux que tout le monde soit traité de la même manière », a-t-elle ajouté. L’ancienne secrétaire d’Etat a assuré qu’elle et son mari n’avaient « rien à cacher ». « Nous avons demandé plusieurs fois la publication complète de ces dossiers », a-t-elle rappelé.
« Nous aurons les Clinton »
Le ministère de la justice a affirmé qu’il ne restait plus de documents à publier. Mais des parlementaires estiment que l’institution a choisi de ne pas divulguer certaines notes internes du gouvernement et des e-mails.
Pour Mme Clinton, l’enquête des républicains à son sujet vise à détourner l’attention de Donald Trump, dont le nom apparaît lui aussi à plusieurs reprises dans les dossiers. « Regardez cette chose qui brille. Nous aurons les Clinton, même Hillary Clinton, qui n’a jamais rencontré cet homme », a-t-elle déclaré. Le président américain nie toute implication dans cette affaire et a assuré, lundi soir, qu’il avait été « totalement innocenté ».
La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein n’implique aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent les liens entre Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.
Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait déclaré en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie. L’ex-président a également toujours démenti avoir eu connaissance des crimes de Jeffrey Epstein et n’est pas inquiété par la justice en ce qui concerne sa relation avec lui.
Hillary Clinton a affirmé n’avoir eu aucune interaction significative avec Jeffrey Epstein, n’avoir jamais pris son avion et jamais visité son île. Elle a reconnu au micro de la BBC avoir rencontré « à quelques reprises » Ghislaine Maxwell, une complice d’Epstein condamnée pour exploitation sexuelle.












