Stéphane Haussoulier, ancien président du département de la Somme (divers droite), a vu, mercredi 11 mars, sa condamnation aggravée en appel pour 31 délits d’abus de confiance, de blanchiment et d’escroquerie, à quatre ans de prison, dont un ferme qui se fera « sous surveillance électronique », a précisé le président de la cour lors de la lecture de l’arrêt, ainsi que cinq ans d’inéligibilité.
Fin 2024, le tribunal correctionnel de Beauvais l’avait condamné en première instance à trois ans de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et 30 000 euros d’amende.
Présent au délibéré, en costume cravate sombre, visage fermé, M. Haussoulier, 57 ans, a écouté l’arrêt sans ciller. Il n’a pas souhaité réagir devant la presse, ni son avocat. Tous deux ont précipitamment quitté les lieux. Ils ont dix jours pour se pourvoir en cassation – la Cour de cassation se prononce sur la forme, non les faits.
Demandes de remboursements en double, voire en triple
Ce dossier concerne la période 2016-2023, lorsqu’il multipliait les casquettes : président du département mais aussi maire de Saint-Valery-Sur-Somme, président du Syndicat mixte Baie de Somme et secrétaire général de la Fédération régionale des travaux publics.
La justice a recensé 173 notes de frais, pour des déplacements et de la restauration, dont Stéphane Haussoulier a demandé des remboursements en double, voire en triple. Il a aussi été condamné pour avoir utilisé les cartes bancaires mises à sa disposition dans le cadre de ses multiples fonctions à des fins personnelles pour des achats d’alcool, des notes de restaurants, notamment le prestigieux George-V, à Paris, ou encore pour un club de strip-tease.
La justice a évalué le préjudice total à près de 370 000 euros, dont 280 000 euros rien que pour la Fédération régionale des travaux publics, qui ne s’était pourtant pas constituée partie civile.
Comme en première instance, M. Haussoulier avait plaidé la négligence et la maladresse lors de son procès en appel en novembre. Il avait démissionné de la présidence de la Somme peu après sa condamnation en première instance.















