La place des élèves avec un trouble du développement intellectuel, c’est en classe. C’est un droit. Et pourtant, aujourd’hui, ce droit recule. Alors que depuis la loi du 11 février 2005 la scolarisation des élèves en situation de handicap progresse d’année en année, pour les enfants avec un trouble du développement intellectuel (TDI), il n’en est rien.
Quand des parents doivent dès la crèche se battre pour que leur enfant ne soit pas orienté en institut médico-éducatif (IME). Quand un représentant d’une maison départementale des personnes handicapées (MDPH) explique aux familles qu’en dépit des textes les enfants avec un TDI ne peuvent fréquenter l’école ordinaire. Quand on constate la diversité des réponses sur le territoire, l’orientation systématisée vers l’IME prise dans certains départements pour les enfants avec TDI. Quand à l’école on ne leur fournit pas les aides dont ils ont besoin, ou qu’on justifie une réduction de leur temps scolaire au prétexte d’un manque de moyens, ou d’absence d’aide humaine… Alors, le droit recule.
Tandis que la plupart de leurs camarades entrent au CM2 à l’âge de 10 ans, seuls 8 % des enfants présentant des troubles intellectuels atteignent cette classe. Il n’y a pourtant pas de fatalité : les enfants avec un trouble du développement intellectuel ont des compétences, des forces, un potentiel. Ils progressent quand l’école s’adapte. Ils apprennent quand les méthodes sont différenciées. Ils réussissent lorsque l’environnement est pensé pour eux, comme il devrait l’être pour tous.
Changer de paradigme
Ils ne demandent ni à être protégés ni à être mis à l’écart. Ils demandent une école accessible. Cette école accessible reste encore à construire. Il ne suffit pas d’empiler des dispositifs, de scolariser quelques heures par semaine dans un IME, ou de sensibiliser les enseignants au handicap.
Il faut résolument changer de paradigme. Trisomie 21 France formule trois propositions phares, susceptibles de constituer une réelle avancée pour la scolarisation des élèves avec trouble du développement intellectuel. Premièrement, il faut interdire toute orientation scolaire imposée sans l’accord des familles : aujourd’hui, des MDPH notifient des orientations en IME quand bien même les parents ont un autre projet, pourtant bien étayé.
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