Une étape cruciale vient d’être franchie pour tenter de sortir de la crise traversée par le média en ligne 20 Minutes, mais elle ne marque pas forcément la fin de la contestation. Vendredi 16 janvier, les salariés appelés à s’exprimer par référendum ont validé l’accord d’entreprise proposé par la direction, portant sur les droits d’auteur, d’une part, et les droits voisins (portion reversée aux journalistes des sommes versées aux éditeurs par les Gafam), d’autre part. Le « oui » l’a emporté avec, respectivement, 79,4 % et 76,2 % des suffrages, pour 98 % de participation.
Le soulagement est réel pour la direction mais aussi pour une partie du personnel qui craignait qu’un résultat défavorable ne mette en péril l’avenir de 20 Minutes. Pourtant ce vote signifie que les salariés concernés acceptent un forfait plafonné à 668 euros par an, par personne, et sous conditions, soit autour de 5 % de reversement. Loin des 18 % fixés par la Commission droits d’auteur et des droits voisins (CDADV), mais que la direction refuse de verser, arguant d’une impossibilité économique.
L’organisation de cette consultation trouve son origine dans un changement capitalistique récent. Fin novembre, SIPA Ouest-France, coactionnaire à 50 % de 20 Minutes, avait annoncé vouloir se désengager du média en difficultés économiques. L’autre coactionnaire, le patron du groupe de presse belge Rossel, Bernard Marchant, avait alors fixé plusieurs conditions pour rester présent en tant que propriétaire unique et recapitaliser la société. Après des années de batailles autour de la part des droits voisins et droits d’auteur dus aux journalistes, M. Marchant demandait en particulier qu’il n’y ait plus de conflit social dans l’entreprise.
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