La publication, jeudi 12 mars, par Mediapart de messages racistes, antisémites et faisant l’éloge du nazisme attribués à Quentin Deranque, a fait réagir Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, alors que l’Hémicycle avait observé une minute de silence à la suite de la mort violente du militant d’extrême droite radicale.
Selon Mediapart, Quentin Deranque a publié de nombreux messages sur la plateforme X via trois comptes anonymes, au moins ces deux dernières années, tantôt faisant l’apologie du nazisme, s’en prenant aux « millions d’Arabes et de Noirs présents sur le sol français », tantôt qualifiant l’ancienne ministre Simone Veil de « salope meurtrière » pour avoir fait voter la légalisation de l’avortement.
« Moi, je soutiens Adolf, mais chacun son truc », écrit-il aussi par exemple en juillet 2024, selon le site d’information. Ni l’Agence France-Presse (AFP) ni Le Monde n’ont été en mesure de vérifier indépendamment les propos attribués à Quentin Deranque.
« Une décision collective »
Face à ces propos rapportés, Mme Braun-Pivet se dit « bien évidemment choquée ». Néanmoins, « rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne veut pas dire que l’Assemblée » les « approuve », fait valoir l’entourage de la présidente, face aux critiques apparues depuis la publication de l’article.
Une minute de silence avait été observée le 17 février dans l’hémicycle du Palais-Bourbon, cinq jours après l’agression mortelle de Quentin Deranque. « Une décision collective, prise à l’unanimité par la conférence des présidents » de l’Assemblée, qui réunit notamment les présidents de groupes et de commissions, à la suite d’une proposition du patron des députés d’extrême droite Union des droites pour la République, Eric Ciotti, et « dans un contexte de grand émoi », a rappelé l’entourage de Mme Braun-Pivet.
« Ces tweets, s’ils sont bien avérés, sont évidemment condamnables », a écrit vendredi soir l’avocat de la famille de Quentin Deranque, Fabien Rajon. « Pour autant, ils ne pouvaient justifier le lynchage à mort de Quentin », ajoute-t-il. « Rien n’est décidément épargné à sa famille, qui n’a toujours pas pu entamer son deuil, compte tenu de l’acharnement dont elle est victime », a déploré l’avocat.
« En démocratie, le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque, mais que la droite et l’extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néonazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte », a réagi jeudi le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. « Quentin Deranque a été une victime, mais il ne sera jamais un héros », a-t-il ajouté.
Neuf personnes ont été mises en examen et écrouées dans cette affaire et appartiennent à la mouvance de l’ultragauche, certaines ayant été membres de la Jeune Garde antifasciste, un mouvement d’ultragauche fondé en 2018 par le député de La France insoumise Raphaël Arnault et dissous en juin 2025 par le gouvernement.









