Prononcer son nom : VA Wölfl. Et un déluge d’images et de sons se précipite dans la mémoire. Des tanks gonflables roses et une escouade de secrétaires tirées à quatre épingles surgissent sur la scène de la MC93, à Bobigny, en 2006 ; au même endroit, trois ans plus tard, un rideau de squelettes tournoie sur le plateau ; des cyprès magnifiques se dressent au milieu des spectateurs dans la salle du Théâtre de la Ville, à Paris, en 2011. Des cris, du rock, de l’urgence et une audace tranquille dans l’affirmation d’un univers esthétique aussi tranchant que renversant.
L’artiste et chorégraphe VA Wölfl est mort le 1er mars, des suites de problèmes pulmonaires, chez lui, à Heiligenhaus, petit village situé au sud d’Essen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne). Celui qui aimait dissimuler son âge, refusait de se faire photographier et préférait un carré noir en hommage à Kasimir Malevitch en guise de portrait, avait 82 ans. Son œuvre de plasticien, de photographe et de chorégraphe a soulevé une adhésion passionnée des professionnels et du public. Un communiqué envoyé le 4 mars par l’Académie des arts de Berlin, dont il était un membre de la section Arts de la scène depuis 2007, a salué son talent, récompensé par différents prix dont le Deutscher Kritikerpreis (2006).
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