Le Centre Marta récompensé par le prix Simone Veil pour son action en Lettonie et en Ukraine en faveur des femmes victimes de violences
Le Centre Marta, une des principales ONG lettonnes de défense des droits des femmes, qui œuvre également en Ukraine, a reçu vendredi à Paris le prix Simone Veil, remis par le ministère des affaires étrangères français.
Le Centre Marta « accompagne les victimes de violences en leur apportant un soutien juridique, psychologique et social », a rappelé le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors de la remise du prix, à deux jours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.
En Lettonie, il « a accompagné » en 2025 « plus de 700 femmes et filles victimes de violences ou d’exploitations sexuelles. Depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie, le centre agit aussi pour les femmes ukrainiennes victimes de la guerre et des violences », a poursuivi le ministre. « Avec ses partenaires locaux en Ukraine, le centre les aide à trouver des solutions d’hébergement, les accompagne dans leur parcours judiciaire et leur offre un soutien psychologique », a-t-il affirmé.
« Ce prix nous donne de la force et les moyens pratiques de continuer », a réagi sa fondatrice, Iluta Lace.
Le prix Simone Veil de la République française pour l’égalité des femmes et des hommes distingue depuis 2019 une personne ou un collectif qui œuvre contre les violences et les discriminations contre les femmes et l’égalité.
Le jury a aussi voulu « saluer l’action déterminante du Centre Marta pour la pérennité de la Convention d’Istanbul » (traité international adopté en 2011 par le Conseil de l’Europe pour lutter contre les violences faites aux femmes), a déclaré la présidente du jury, la magistrate Ombeline Mahuzier.
Le jury a voulu « adresser un message fort à toutes les organisations qui luttent dans d’autres Etats membres pour la pérennité de cette convention et pour éviter l’instrumentalisation réactionnaire de cet instrument juridique », a-t-elle ajouté.
A la fin d’octobre 2025, une majorité des députés lettons a voté en faveur du retrait de leur pays de la Convention d’Istanbul, ratifiée à peine un an auparavant. Les votants dénonçaient la notion de « genre », au lieu de sexe, et « une idéologie étrangère s’immisçant dans la vie quotidienne » des Lettons.
Après le blocage du président letton, Edgars Rinkevics, qui a renvoyé le texte au Parlement pour réexamen, les députés ont décidé de reporter la discussion sur le retrait jusqu’au 1er novembre 2026, soit après les élections législatives, prévues à l’automne.











