- Elsa Barraine
Symphonies 1 & 2
Elsa Barraine : Symphonies n° 1 et n° 2 « Voïna », Song-Koï. Le fleuve rouge, Les Tziganes. Orchestre national de France, Cristian Macelaru (direction).
Précoce, Elsa Barraine (1910-1999) l’a été sans aucun doute. En témoignent l’obtention du prix de Rome, à 19 ans, et, plus encore, la Symphonie n° 1, composée lors de son séjour à la Villa Médicis afin de répondre aux obligations dont devaient s’acquitter les pensionnaires de l’Académie de France pour prouver qu’ils ne faisaient pas que du tourisme dans la Ville éternelle. Très au-dessus du niveau des partitions généralement écrites dans ce cadre, la Symphonie n° 1 d’Elsa Barraine n’a rien d’une œuvre de néophyte. Elle joue avec les expressions propres aux instruments (le basson lugubre, le cor anglais mystérieux) sans tomber dans les poncifs, use de motifs prégnants et construit une forme d’une efficacité dramatique impressionnante. Si le langage de la Symphonie n° 1 paraît bien français, entre Paul Dukas (le maître de la compositrice) et Henri Dutilleux (qu’elle a certainement influencé), celui de la Symphonie n° 2 affiche, en revanche, des accents russes, par son style (Prokofiev) et par son sous-titre (Voïna, qui signifie « guerre »). Cette page militante (la compositrice adhère alors au Parti communiste) ne manque pas d’éclat dans la présente interprétation, mais, comme Song-Koï, polyptyque d’inspiration chinoise de 1945, elle souffre parfois d’emphase et de pathos. Pierre Gervasoni
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