L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
La saga Scream continue et ses personnages vieillissent avec elle. Le succès du film de Wes Craven, sorti en 1996, engendra donc diverses suites. C’est désormais le scénariste et inventeur du concept d’origine, Kevin Williamson, qui assure la réalisation de ce septième épisode. Les teenagers des origines sont désormais devenus des parents confrontés à une progéniture en pleine crise d’adolescence et en quête d’émancipation, traquée par un assassin masqué, le fameux et polymorphe Ghostface. Eternel retour des choses.
L’originalité de la série avait consisté à la peupler de protagonistes conscients des conventions et des clichés de ce que l’on appelle le « slasher », soit ces films mettant en scène un tueur brutal enchaînant les meurtres. Ironie postmoderne, distanciation sarcastique n’empêchaient pas, dans leurs meilleures manifestations, les films de témoigner d’une certaine profondeur en supplément d’un humour bardé de références.
Déroutante intelligence artificielle
La première séquence de ce nouvel opus, située dans la maison du crime du premier épisode, sorte de mélange entre un musée et un train fantôme, donne la mesure. On y retrouve aussi Neve Campbell, qui avait refusé de jouer dans le sixième épisode pour des raisons salariales.
Le plus intéressant aura été de voir, durant la vingtaine d’années que dure la série, la façon dont un environnement familier et technologique, en pleine mutation, détermine voire dérègle la vie des individus, tout en produisant des instruments de mort : le téléphone portable, Internet, les réseaux sociaux. C’est l’intelligence artificielle qui déroute le spectateur dans ce septième volet, avant que la rhétorique du « whodunit » (qui est l’assassin ?) n’impose sa logique au spectateur, rassuré par le retour à l’ordre et sa logique familialiste.
La brutalité de certains meurtres témoigne d’une violence graphique qui semble aujourd’hui contaminer même des productions plus honorables, débordant des excès du cinéma indépendant d’exploitation.
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