Au cinquième étage d’un immeuble bordelais, Hugo Heyraud attend, en ce mois de septembre 2022, son entretien. Les locaux ressemblent à ceux d’une start-up. Le jeune homme de 19 ans se sent perdu : « Je ne savais pas vraiment ce que je faisais là. » Quelques jours plus tôt, il a reçu un appel d’une entreprise nommée Geninc, sans qu’il se souvienne avoir postulé. Au téléphone, on lui promet un poste d’« ambassadeur de marque », facile et bien payé. A court d’argent, l’étudiant en licence d’administration économique et sociale accepte. La rencontre a lieu dans une grande salle, avec une dizaine d’autres candidats, tous âgés de moins de 25 ans.
A l’issue de ce premier échange, qu’il décrit comme « très opaque », Hugo est convié à un rendez-vous individuel. Le recruteur loue son potentiel, mais demeure évasif sur la nature du poste et se borne à évoquer de simples « rencontres de clients à domicile ». Le jeune homme tique : « En gros, c’est du porte-à-porte ? » Son interlocuteur acquiesce à demi-mot. Hugo refuse : « Je ne le sentais pas », se remémore-t-il.
Spécialisée dans la collecte de dons pour des associations, Geninc est une filiale du groupe international The Firm Organisation (basé à Dublin). L’entreprise est implantée en France depuis 2014 sous le nom commercial Tawkr. En 2023, elle revendiquait 17 millions d’euros de chiffre d’affaires et employait près de 700 personnes. Geninc fonctionne par le biais d’un réseau de franchises en Belgique et en France – Intense Marketing à Lyon, Gravity Marketing à Montrouge (Hauts-de-Seine) ou encore United Entrepreneurs à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
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