Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (Divers droite), a-t-il favorisé l’émergence d’une seconde liste d’extrême droite ?
« S’ils font plus de 10 %, ce sera l’abattoir au second tour », estimait le maire de la Ville rose, le 28 février dans les colonnes du Monde. Il évoquait la candidature de Julien Leonardelli pour le Rassemblement national. Et le risque de voir sa liste se maintenir au second tour, et donc de faire perdre le maire sortant face à une alliance probable à gauche. « On n’a pas de pudeur de gazelle à avoir », ajoutait même son porte-parole, Pierre Esplugas-Labatut. Jusqu’à favoriser la constitution d’une liste Reconquête ! pour diviser l’extrême droite ?
C’est ce qu’affirme le site Médiacités, qui, dans un article publié le 5 mars, avance que M. Moudenc a mené des tractations avec des personnalités de Reconquête !, dont l’identitaire Arthur Cottrel. « Il faut aider cet Arthur à boucler sa liste », aurait suggéré l’édile à l’un de ses interlocuteurs dans un SMS envoyé le 19 janvier dernier. Et d’ajouter, dans la foulée : « Il faut lui trouver des colistiers anonymes. »
Déposée en préfecture fin février et modifiée trois jours après, afin d’accueillir un proche de Nicolas Dupont‐Aignan, la liste ne glanerait qu’une poignée de suffrages, mais ces voix suffiront peut-être à empêcher la qualification du Rassemblement national (RN) au second tour. Le principal opposant à Jean-Luc Moudenc, le socialiste François Briançon, a dénoncé « une stratégie assumée de rapprochement avec l’extrême droite et de création de passerelles électorales, au mépris des valeurs républicaines ».
Interrogé par France 3 Occitanie, Pierre Esplugas-Labatut, lui, ne nie pas l’existence de ces SMS. « J’admets l’existence d’un SMS adressé par Jean-Luc Moudenc à une personne aigrie, anciennement impliquée dans la vie locale », reconnaît-il. Mais « cela ne prouve en aucun moment que cela a été fait, que Jean-Luc Moudenc ait aidé Arthur Cottrel à constituer cette liste ».










