LA LISTE DE LA MATINALE
Nous vous proposons de vous plonger dans l’histoire du rock australien et dans celle du premier club hip-hop, né à Los Angeles, à travers les planches croquées par Ké Cléro, mais aussi dans les biographies du prince déchu de la soul, Marvin Gaye, et du roi de la pop, Michael Jackson, avant la sortie d’un biopic réalisé par Antoine Fuqua en avril.
La rédemption belge de Marvin Gaye
C’est l’un des épisodes les plus intrigants de l’histoire de la soul. Comment l’un de ses princes déchus, l’Américain Marvin Gaye, lessivé par les excès, a débarqué, en 1981, dans la station balnéaire belge d’Ostende où, soutenu par un admirateur local, il a fini par suffisamment se ressourcer pour enregistrer sur place le titre de son retour en grâce, Sexual Healing, et l’album, Midnight Love (1982).
Après une remise en perspective biographique retraçant les débuts de ce fils de pasteur du sud des Etats-Unis, sa carrière glorieuse au sein du label Motown, minée ensuite par la cocaïnomanie et la paranoïa, le livre de Serge Honorez, Marvin Gaye chez les Belges, bascule dans la chronique d’un séjour décalé au pays de Tintin et de James Ensor.
Décors désuets, personnages naïfs et attachants font souvent penser à un épisode de « Strip-tease ». Avec la drôlerie touchante et la cruauté que peut générer la série documentaire belge. Car si l’air de la mer du Nord réconforte et adoucit le chanteur, jusqu’à lui inspirer ce qui sera son dernier album (avant son assassinat, par son père, le 1er avril 1984), la star à la voix d’ange reste torturée par son histoire familiale, la pression du show-business, le vertige de la création et de la performance, ses fantasmes de « sex-symbol » tout-puissant, capable des manipulations les plus perversement narcissiques.
Marvin Gaye quittera le plat pays sans se retourner, laissant derrière lui les traces d’une improbable rencontre, aujourd’hui décryptée. S. D.
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