Le marché de Sarcelles, l’un des moins chers de l’Ile-de-France, est un décor parfait pour les vidéos de campagne des candidats aux municipales. Les réseaux sociaux s’y invitent partout, y compris derrière les stands. Dès le premier étal de sa tournée, dimanche 8 mars, Patrick Haddad croise une abonnée : « Je suis Sarahtelaviv », glisse-t-elle – c’est sous ce pseudonyme qu’elle like les publications du maire sortant de la ville. Quelques mètres plus loin, c’est au tour du maire d’interpeller Abdel, un employé communal, soutien de Bassi Konate, l’un de ses adversaires : « T’y es allé fort, dis-moi ! » Abdel se marre. Dans une vidéo postée sur Facebook, il se moque de la liste fourre-tout d’un troisième candidat de Sarcelles, François-Xavier Valentin : « On dirait qu’il est passé avec un camion ramasser les encombrants (…) du mardi soir ! »
Patrick Haddad, Bassi Konate, François-Xavier Valentin. Un cadre du Parti socialiste soutenu par les communistes et Place publique, un candidat « citoyen » soutenu par La France insoumise (LFI) et Les Ecologistes, un ancien collaborateur de l’ex-maire socialiste François Pupponi passé depuis par Horizons, rejoints en dernière minute par un quatrième homme, Mohamed Ali Abchiche, soutenu, lui, par Génération.s. : voilà pour les candidats à Sarcelles (Val-d’Oise), 60 000 habitants, l’une des dix villes les plus jeunes et les plus pauvres de France (81 millions d’euros de dettes). Aucune liste Les Républicains, aucune liste Rassemblement national. « Etre maire, c’est devenu tellement difficile, dit Patrick Haddad. Les gens sont impatients, vous écrivent sur les réseaux… Ils pensent que gérer une ville, c’est Amazon ou Uber Eats. »
Il vous reste 76.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.












