Sarah Knafo en a fait un argument majeur de sa campagne pour la mairie de Paris : la candidate Reconquête ! se targue de porter le « projet le plus ambitieux », « chiffré avec la plus grande rigueur ». Un « manifeste pour une ville heureuse » de 130 pages, rédigé en gros caractères et enrobé dans un livre à la couverture jaune vif, brillante et rigide. Une lecture attentive de cet ouvrage révèle pourtant un chiffrage hasardeux, entre dépenses sous-estimées et économies irréalistes.
L’un de ses projets phares est la construction d’une « magnifique promenade » de deux kilomètres au-dessus des voies sur berge qu’elle compte rouvrir à la circulation automobile. Comme le détaille au Monde Bernard Landau, urbaniste et architecte-voyer honoraire de la Ville de Paris (qui l’employait jusqu’en 2014), le projet soulève plusieurs problèmes réglementaires et techniques.
Les rives de la Seine sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco, donc protégées, et le projet supposerait « l’abattage de plus de 100 grands arbres ». La candidate assure que cela peut être construit « avec une structure très simple » : « un portique appuyé sur une ligne d’arches côté Seine et sur le mur de quai existant côté rue ». Mais pour M. Landau, « ce n’est pas possible : ce mur n’est pas destiné à soutenir un portique, à moins de le renforcer », d’autant qu’il est « posé sur l’actuelle voie sur berge, elle-même posée sur des pieux qu’il faudra certainement consolider ».
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