Qu’adviendra-t-il de Naarea ? Très mal en point, cette start-up française cherchant à concevoir un microréacteur nucléaire pour générer de l’électricité ou de la chaleur va de coup de théâtre en coup de théâtre. Et son avenir reste encore incertain.
Certes, le jeudi 15 janvier, le tribunal des activités économiques de Nanterre a décidé que le groupe luxembourgeois Eneris, surtout actif en Pologne pour la gestion de déchets non radioactifs, pourrait reprendre l’entreprise. Sauf que, à la veille de la mise en délibéré, mercredi 14 janvier, Eneris, unique candidat à la reprise, avait fait savoir à la justice son intention de… « retirer son offre ». Et ce, sans livrer publiquement d’arguments. Un document « hors cadre procédural », selon le tribunal, qui n’en a donc pas tenu compte. Ce qui permet, à ce stade, d’éviter la liquidation.
Juridiquement, la décision du tribunal oblige Eneris à respecter sa promesse de reprise, formulée début janvier. Celle-ci prévoyait de conserver 99 des 174 emplois en CDI, un effectif majoritairement composé d’ingénieurs. Mais rien ne dit, aujourd’hui, que le groupe luxembourgeois le fera. Contacté par Le Monde vendredi 16 janvier, il reste injoignable. Quant à la direction de Naarea, elle affirme à présent être dans l’expectative la plus totale.
Technologie ambitieuse
Lestée d’une dette de 15 millions d’euros, Naarea (Nuclear Abundant Affordable Resourceful Energy for All, acronyme, en anglais, pour « énergie nucléaire abondante, abordable et disponible pour tous ») fait partie des start-up françaises du nucléaire à avoir le plus recruté, et à avoir le plus levé de fonds depuis sa création, en 2020 : 100 millions d’euros selon son dernier chiffrage, dont 10 millions d’argent public dans le cadre du plan d’investissement « France 2030 ». Problème : jusqu’à présent, ses activités d’ingénierie pour concevoir des unités de petite taille (80 mégawatts thermiques ou 40 mégawatts électriques) ne lui ont généré aucun revenu.
Il vous reste 56.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.













