Clarinettiste classique, multi-instrumentiste (saxophones, taragot, zokra…), agitateur post-jazz, compositeur, Michel Portal est mort le 12 février 2026 à Paris. Il avait 90 ans. Le soliste international est né à Bayonne (Basses-Pyrénées, devenues depuis Pyrénées-Atlantiques), le 27 novembre 1935. A Bayonne ou, plus exactement, dans les quartiers nord de la ville, où vivent artisans, petits commerçants, ouvriers. Quartiers de la synagogue, de l’école Jules-Ferry et de la gare, où l’on dit avant de traverser le pont sur l’Adour : « Je vais à Bayonne. » Ce qu’il rappelle plaisamment, en février 2019, lorsque le maire, Jean-René Etchegaray (UDI, puis Renaissance depuis 2022), et son conseil municipal unanime donnent au théâtre de Bayonne (aussi Scène nationale du Sud-Aquitain) le nom de l’inclassable musicien, qui ajoute : « C’est ici que j’ai fait mes premiers pas sur scène, à 10 ans. Je suis un dispersé, j’ai fait beaucoup de choses dans ma carrière, et je ne peux pas m’en passer. »
Formation classique, bandas, musiques de rue dans un pays qui sait rire et chanter… Qu’un Argentin débarque à la gare avec son instrument, Sylvain Portal, le père, expédie illico le fils, 9 ans, apprendre le bandonéon. Il en jouera jusqu’à la fin. Il étudie la clarinette à l’école nationale de musique de la ville. Il est très doué. Les chambristes de la région se passent le mot. Les « classiques », déjà, craignent qu’il n’abîme ses dons précieux dans les dancings du dimanche (La Gargale, au Boucau, Le Petit Désir, sur la route de l’aérodrome… près de Bayonne). Toujours poussé par son père, il prend tout. Ni radio ni disques, à l’époque. Des mécènes le conduisent à Bordeaux, à Paris, à la rencontre des grands professeurs.
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