Sur fond de négociations non officielles avec les Etats-Unis, l’Iran a fait savoir, mardi 25 mars, que les « navires non hostiles » pouvaient emprunter le détroit d’Ormuz. Selon un communiqué transmis par l’Iran à l’Organisation maritime internationale (OMI), « tout actif appartenant aux agresseurs – à savoir les Etats-Unis et le régime israélien – ainsi qu’aux autres participants à l’agression ne peut prétendre à un passage pacifique ou non hostile ».
L’OMI a précisé que ce document, daté de dimanche, avait été émis par le ministère iranien des affaires étrangères, avec la demande qu’il soit diffusé par l’organisation internationale. Donald Trump avait évoqué plus tôt mardi « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions. Près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures transite par le détroit d’Ormuz, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole. Mercredi matin, le baril de brent voyait son prix reculer.
L’Iran et les Etats-Unis négocient pour tenter de mettre un terme au conflit, a de nouveau affirmé mardi le président américain, tout en soutenant que les opérations militaires américaines contre la République islamique se poursuivaient « sans relâche ». La presse américaine évoque en outre l’envoi de 3 000 soldats parachutistes américains en renfort au Moyen-Orient.
De son côté, l’Iran a tiré de nouvelles salves de missiles sur Israël dans la nuit de mardi à mercredi, tandis que l’armée israélienne a annoncé dans la nuit bombarder « les infrastructures du régime terroriste » à Téhéran.
Un plan de paix américain en 15 points
Toutefois, plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l’administration Trump a fait passer un plan de paix en 15 points à l’Iran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.
Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d’un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes. Parmi ces 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d’autres imposent l’abandon du soutien aux « proxys » dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d’Ormuz reste ouvert à la navigation maritime.
En contrepartie l’Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil. Il n’est pas question d’un changement de régime.
Donald Trump a réaffirmé mardi que des négociations se tenaient « en ce moment » avec Téhéran. « Ce que j’ai dit hier [lundi] était exactement juste », a insisté le président américain, précisant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président J. D. Vance et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, y participaient.
En faisant état de ces pourparlers, le président américain avait retardé « de cinq jours » sa menace de frapper le réseau électrique de l’Iran, rassurant provisoirement les marchés. Il s’était ensuite félicité que Washington et Téhéran aient trouvé des « points d’accord majeurs », dans le cadre de ces négociations tenues avec un « haut dirigeant » iranien.
De qui s’agit-il ? Seule certitude, il ne s’agit pas du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa désignation par les instances iraniennes après la mort de son père au premier jour de la guerre, le 28 février.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, présenté par le site d’informations Axios comme l’interlocuteur des Etats-Unis, a démenti. La diplomatie iranienne a juste reconnu avoir reçu, via des « pays amis », des « messages transmettant une demande américaine de négociations ».
La centrale nucléaire de Bouchehr visée par une frappe
Quelle que soit leur forme, ces pourparlers n’empêchent pas la guerre de se poursuivre sur le terrain. Une frappe israélo-américaine a touché la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l’Iran, sans faire de dégâts, a ainsi affirmé mardi dans la soirée l’Organisation de l’énergie atomique iranienne. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a appelé à la « retenue maximale afin d’éviter tout risque pour la sûreté nucléaire en période de conflit ».
En Israël, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles en provenance d’Iran, selon les secours israéliens. Et les risques de nouvelle escalade touchent toute la région.
Au Liban, où Israël veut s’emparer d’une large zone du sud du pays pour assurer sa sécurité, les autorités libanaises ont pris la décision sans précédent de lancer une procédure d’expulsion à l’encontre de l’ambassadeur d’Iran, pour ingérence. Mais elles se sont aussitôt attiré les foudres du Hezbollah pro-iranien.
Sur le terrain, au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, région considérée comme un bastion du Hezbollah, selon l’agence de presse officielle libanaise NNA.
Mardi matin, le ministre israélien de la défense, Israël Katz, avait déclaré que les forces israéliennes « manœuvraient à l’intérieur du territoire libanais pour s’emparer d’une ligne de défense avancée » jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière.
Dans le Golfe, Bahreïn, l’Arabie saoudite et Koweït ont rapporté mardi des attaques de drones et de missiles iraniens.













