Donald Trump a généreusement mis 8 sur 10 à Emmanuel Macron, lundi 16 mars, après lui avoir parlé au téléphone, tout en précisant que ce n’était « pas parfait » – mais c’est la France, donc forcément, « ça ne peut pas être parfait ». Pour avoir 10 sur 10, il fallait obtempérer à la demande formulée par le président des Etats-Unis à ses alliés, au bout de deux semaines d’une guerre qu’il a déclenchée, seul avec l’Etat d’Israël, et qui semble à présent le dépasser : intervenir militairement pour libérer le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran.
Si la France n’a pas eu droit au zéro pointé, c’est parce qu’elle n’est pas restée totalement inactive. Elle a déployé un important dispositif naval en Méditerranée orientale, et le président Macron a sans doute dit au téléphone à Donald Trump ce qu’il a exprimé clairement mardi, à l’ouverture d’un nouveau conseil de défense à l’Elysée : la marine française pourra contribuer à escorter des navires à travers le détroit, mais seulement lorsque la phase chaude de la guerre sera passée. En attendant, a précisé le chef de l’Etat français, « nous ne sommes pas partie prenante au conflit », conflit que « nous n’avons pas choisi ».
Le mot « choisi » n’est pas utilisé au hasard. Car c’est bien une guerre de choix qu’a lancée Donald Trump contre l’Iran, par opposition à une guerre de nécessité, celle que mène depuis plus de quatre ans l’Ukraine, avec le soutien des Européens, pour se défendre de l’agression de la Russie. « Non à la guerre », répète le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. « Nous ne nous laisserons pas entraîner dans la guerre plus large », a juré le chef du gouvernement britannique, Keir Starmer.
L’Iran, « ce n’est pas notre guerre », a proclamé le ministre de la défense allemand, Boris Pistorius – celui-là même qui se levait pour acclamer Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain, à la Conférence de Munich sur la sécurité, un mois plus tôt. « Ce n’est pas la guerre de l’Europe », a insisté Kaja Kallas, chargée de la politique extérieure de l’Union européenne (UE). La guerre de l’Europe, c’est l’Ukraine.
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