La réunion a rapidement tourné court. Mardi 31 mars, les syndicats de douaniers avaient rendez-vous au siège de leur administration, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), pour achever la refonte du code des douanes. Mais, tour à tour, les six organisations ont annoncé à la direction qu’elles boycottaient la rencontre.
Pas question, en effet, de faire comme si de rien n’était après la présentation par le gouvernement, le 24 mars, du projet de loi Ripost (pour « Réponses immédiates contre les phénomènes troublant l’ordre public et la tranquillité de nos concitoyens »). Un texte que les syndicats considèrent comme une « attaque frontale contre les douaniers », et qui semble faire déborder le vase, après des années de mécontentement.
A Bercy, David Amiel, le ministre chargé notamment de la douane, tente de calmer le jeu. « Le ministre est tout à fait conscient des inquiétudes suscitées par le projet de loi tel qu’il peut être perçu aujourd’hui, et il recevra prochainement les organisations syndicales à ce sujet », fait savoir son cabinet.
Pourquoi un tel courroux ? Sur le papier, le projet de loi Ripost ne concerne les douaniers qu’à la marge. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, son auteur principal, n’est d’ailleurs pas leur supérieur hiérarchique. Ce texte, destiné à créer un « choc d’autorité » dans le pays, vise avant tout à donner de nouveaux moyens aux forces de l’ordre, entre autres pour lutter contre la criminalité organisée.
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