Docteure en sociologie, Fanny Hugues a réalisé une thèse sur le rapport à l’écologie d’une partie des classes populaires rurales qui adoptent des modes de vie caractérisés par de faibles revenus et une importante économie de subsistance, qu’elle qualifie de « débrouilles rurales ».
Qui sont celles et ceux que vous nommez les « modestes économes » des campagnes, et qu’est-ce qui caractérise leur mode de vie ?
J’ai choisi l’expression de « modestes économes » pour désigner les personnes que j’ai rencontrées durant trois ans au cours de mon enquête dans plusieurs espaces ruraux français. Ces ménages, qui appartiennent surtout aux classes populaires, considèrent bien s’en sortir malgré des conditions matérielles d’existence contraintes, tout en faisant preuve d’humilité.
Ils mènent leur vie de manière discrète, sans chercher à la publiciser, ce qui se traduit notamment par leur participation faible, voire inexistante, aux instances associatives, syndicales et politiques locales. Leurs modes de vie se fondent sur une recherche constante d’économies, non uniquement financières. En effet, les modestes économes se débrouillent au quotidien en mobilisant de nombreuses pratiques de subsistance : cultiver un potager, élever une basse-cour, faire des conserves, faire son bois de chauffe, réparer sa voiture, récupérer, troquer et prêter.
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